Icare : fils des lumières

Variation intempestive de nos complexes sur le mythe d'Icare...

08 septembre 2006

Les émeutes de novembre 2005...

CHIMES OF FREEDOM


Tu n’as plus de voix
Tes doigts parcourent frénétiquement le goulot sur un air de Bob Dylan
Ta vie se déroule sans bien en connaître le rôle
Quand tu penses aux vertiges du passé
Toutes ces âmes que tu as croisées
Pour de nouveau les abandonner
Tu titubes et t’affales dans la foule

Like a rolling stone comme il disait
Tu dévales violement des ravins vertigineux
Tu voudrais hurler mais tu as peur de couvrir les plaintes de ceux d’en bas
Même dans la chute la raison du plus fort et toujours la meilleure
Tu t’accuses de cette faiblesse

Dehors les sirènes hurlent ton prénom
Les sons sourds des sabots surgissent
Tes doigts sur les tempes, tu ne peux les contenir
« Hey mister tambourine man stoppe ta danse »
Plus ton silence devient fort et plus les cris te submergent
Symphonie pour sonotones aux distorsions scarifiées

Paris brûle t’il ?
Écoute la réponse souffle dans le vent
Ton regard fixé sur l’horizon
Tu reprends ta course sans attendre
Tu sens les filets de bave de la meute
Tu t’écartes, te disperses mais tu es toujours debout

Bientôt les flammes épousent l’aube goudronnée
Tu adores l’odeur du gasoil au petit matin
Tu admires une dernière fois tes forfaits
Mais n’oublie pas de les noter dans ton journal
Les écrits ont toujours fait l’Histoire…

Inachevé, le 10/11/05


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11 septembre 2006

Triste à venir...


QUAND UN FUTUR
RENCONTRE SON PASSE

Je t’ai croisé
Mais tu n’as pas su me reconnaître
J’étais passivement installé sur ce bar
A m’inonder dans mon lit cafard
Je n’ai jamais pu supporter mes erreurs

Si seulement j’avais su
La violence qui engendre le silence,
La solitude qu’on ne peut réprimer,
La certitude qu’on ne veut plus s’encadrer


Tu as débarqué
Dans un œil au beurre noir
Avec ta colère aux couleurs de marrons

Comme si frapper ta femme était la bonne décision

Comme si trouver ça infâme achetait ma rédemption

Nos regards échangés,
Tu as déjà oublié
Trop occupé d’asseoir ton pouvoir
Sur cette femme pleine de désespoir
Chaque jour plus ivre de croire
Qu’elle n’est rien
Sans ta divine présence
Qu’elle se perdrait en chemin
A cause de ton absence

Mais cet écho qui se déchaîne
Sur ce malheur trop souvent récité
Je ne le souhaite à personne
Ni au passé, ni au futur… Ni au présent

Matthieu I. Nachvé
« Merci le cinéma… »

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12 septembre 2006

Quand la culpabilité n'est plus à la mode...

EXERCICE DE SIMPLE DESOLATION

(ou 33 bonnes raisons de porter sa croix, son croissant, son étoile de David ou ce que vous voudrez du moment que vous l'assumiez)

Je suis tout d'abord désolé de ma sincérité qui pourrait vous choquer. Je suis désolé que vous vous sentiez obligé de marcher dans la combine des grandes puissances. Je suis désolé que vous n'ayez vu d'autre choix que celui de vous prostituer pour le système. Et je suis désolé que vous ne fassiez pas non plus partie de la véritable race humaine, l'élite de la nation.

Je suis désolé de comprendre que le "bien" tente à disparaître à cause de trop de compassion envers le "mal". Je suis désolé d'appartenir à un groupuscule de gens qui ont reçu l'éducation et l'enseignement nécessaires à notre progrès, et qui les gâche par avidité ou cupidité. Je suis désolé pour Gandhi, Martin Luther King et bien d'autres car ils ont malheureusement agi en vain. Je suis désolé de savoir que chaque jour des innocents meurent de faim de tortures ou de désespoir ; tandis que des nations s'arrachent le pouvoir et le profit. Je suis désolé pour les conditions féminines déplorables dans tous les pays du monde. Je suis désolé de voir la nature meurtrie sans trousse de secours à portée de main. Je suis désolé d'être confortablement assis sur une chaise classique, à écrire ces maudits vers pendant que d'autres, souvent beaucoup plus jeunes que moi, sont regrettablement assis sur une chaise électrique à verser des larmes en pardon. Et je suis encore plus désolé de devoir voter pour des Hommes au lieu de voter pour des principes.

Je suis désolé pour toutes les ethnies minoritaires qui ont disparues depuis la nuit des temps jusqu'à nos jours, et je suis désolé de n'avoir pu empêcher ces massacres. Je suis désolé de penser que si maîtres du monde il devrait y avoir, les indiens d'Amérique serait pour moi le peuple idéal. Je suis désolé que mes racines soient si étendues et je suis désolé de constater que l'humanité toute entière n'a pas encore compris qu'on partageait la même racine.

Je suis désolé d'avoir à perpétuer la tradition qui consiste à prendre possession. Je suis désolé d'aspirer à une vie meilleure. Je suis désolé de ne pas pouvoir vivre selon les critères que vous m'imposez. Je suis désolé d'entraver la bonne marche vers vos intérêts personnels et je suis désolé d'avoir à me battre pour obtenir la paix et la sérénité. D'ailleurs, je suis désolé de vous voler un peu d'oxygène mais Dieu vous le rendra, j'en suis persuadé. Je suis désolé de ne pas oser comprendre ce que vous ne me dîtes pas et je pense que je suis désolé d'y réfléchir.

Je suis désolé de ne pas avoir trouvé le placard où exposer mes espoirs. Je suis désolé d'avoir une mémoire sélective. Je suis désolé de parfois abandonner des principes universels sous le simple prétexte qu'ils n'ont plus cours dans mon environnement. Je suis désolé de faire de ma différence une force et je suis désolé de rendre des gens malheureux à cause de cela.

Je suis désolé de tenir un discours moralisateur et je suis désolé de vous en vouloir pour ça. Mais il y a une chose pour laquelle je serai toujours entièrement et sincèrement désolé : c'est de passer pour un martyr.

Inachevé, "J'me sens coupable"

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13 septembre 2006

Cela coule de source...

HONTE

Quand la foi s’affaisse face aux farfelues farandoles de foire

Dans une fermentation forcenée

Quand la croûte : amas de pus séché

Cicatrise en horrible balafre

Comment peut-on regarder en face

Le rire des enfants ?

Parfois, j’arrive à comprendre les pyromanes

C’est joli quand brûle la ville

Je dresse un procès à toutes ces ethnies sédentaires

Qui gravent de murs notre terre

Sans se demander à qui elle appartient

Sans la protéger, cela va de soi

Je rêve de trouver le Grand Barrage

Pour ouvrir les vannes à l’inondation

Un Tsunami qui laverait l’affront

« Le temps est assassin & emporte avec lui les restes de morts vivants »

Je défie les nations de me donner le premier contrat

Celui sur lequel ils ont basé leurs possessions :

Je déclare la propriété nulle & non-avenue !

Matthieu I. Nachvé

"Surement un contrat écrit par le sang..."

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14 septembre 2006

Septembre morose...

COMME UNE RENTREE DE SEPTEMBRE

Le bien et le mal sont si proches l'un de l'autre
Qu'il devient facile de devenir un de leurs apôtres
Voyager dans leurs méandres, en lire chaque chapitre
Comme une buée de décembre collée à la vitre
Entre eux, une faille que l'on éventre
Comme pour créer le vide en son centre

Que de dilèmes pour un vulgaire tas d'os
Qui irrémédiablement va finir dans la fosse
Il ne peut apercevoir que les prémices
D'une vérité surgie d'un monde trop lisse
Trop souvent trompé par ses cinq sens
Il fuit les conflits comme une évidence

Je me souviens encore de ces périodes
Où il fallait se méfier des loups qui rôdent
Ils se croisaient avec leurs regards perfides
Laissant derrière eux une odeur d'acide
Et dire que le triple de ce qu'ils attendent
N'est pas à la hauteur de ce qu'ils prétendent

Qu'on me jette ou non la pire des opprobres
Jamais je n'aurais une vie trop sobre
Quand on rêve de devenir un homme libre
Rien n'est pire que de garder son équilibre
Comme une rentrée de septembre...
Comme ma première rentrée de septembre

Matthieu I. Nachvé, "Souvenirs scolaires"

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15 septembre 2006

Chacun son modèle...

IMPORTANCE IMPOSÉE

L’important c’est l’amour,
Chaque graine que tu sèmes a le pouvoir de faire naître une forêt des plus denses
Cette force tu la possèdes  en toi, c’est pas de moi que tu l’apprendras

L’important c’est la communication,
Chaque cri que tu pousses peut ébranler même les défenses les plus élaborées
Cette notion fait la vivre en toi et tu comprendras mieux les gens

L’important c’est la compréhension,
Chaque geste que tu fais te ramène à la mémoire de tes ancêtres
Cette sensation transmet là à tes enfants ainsi rien ne leur manquera

L’important c’est le bonheur,
Souviens toi de son odeur, apprends à en reconnaître chaque composante
Construit le avec des bases bien plus solides que les pyramides
Afin de dépasser tous les toits du monde

Si les composantes changent suivant l’individu
Et qu’il devient trop facile de leur cracher dessus
Sache qu’aucun  viol n’est possible :
On ne peut voler ce qui n’a pas d’appartenance…
Si important soit-il


Matthieu I. Nachvé,
"Moi d'abord"

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19 septembre 2006

Faut pas perdre le Nord...

MESSAGERIE LIBERTINE



Les pantins de la rue Lecoutre sont des voisins comme les autres
Ils savent comment faire pour gagner leurs rêves
Ils n'oublient jamais de demander l'heure aux passantes sans soucis
Leurs lèvres sont charnues et leurs yeux féconds
On pourrait les confondre

Quand il leur arrive de manger de la soupe avec les doigts
On est pas peu fiers par chez nous
Ce n'est pas qu'on leur vendrait nos vieux os
Mais on peut se débrouiller pour faire une omelette

Et moi je dégringole les plastrons
Pour éviter les raz de marée qui me sourient déjà
J'ai laissé derrière toi des pas de tristesse
Alors que je n'avais même pas de bottes
J'ai pourtant essayé de rattraper tous les Marceaux
Mais la blague n'a pas fait de tabac

Avec mes airs à dégonfler de belles ruches
Je m'habille jalousement dans un mouchoir de pêche
Sans même y prêter attention
Comme tu ne m'as pas prié de prendre la porte
J'ai choisi la fenêtre
J'en ai profité pour sortir ta plante
Elle avait soif…


Matthieu I. Nachvé

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22 septembre 2006

Panne d'expiration...

OU SONT LES REPERES DE NOS PERES


Pourquoi j'écris pas ? Qu'est ce qui se passe dans ma tête ?
Y a trop de tracas qui se bousculent et font la fête
Trop de déroutes, je me dégoute quand je doute
Ces exercices de joute font qu'inéxorablement je me voute
Alors fébrile, je m'ébranle et la nuit me brule...

Raccord de décor en un temps record
On baisse les stores et c'est partit encore
Faut pas s'arrêter, faut rien rater
Faut jamais s'orienter... faut bien rester
Alors fébrile, je m'ébranle et la nuit me brûle...

Ce que j'écris dans un écrin pour écraser la crise
Que la critique accroie à travers un écran crasseux
Croupit au fond de mon crâne dans tant de cratères
Que j'en crêve de ne plus pouvoir créer sans crémation
Alors fébrile, je me brûle et la nuit s'ébranle...

Gronder contre le tonnerre et la rage de nos orages,
Grandir malgré les vipères qui hantent nos sombres mirages,
Engendrer des vampires dont les succions feront nos apanages ;
Grandes préoccupations dans un monde rempli de marécages
Alors la nuit fébrile me brûle et je m'ébranle...



Matthieu I. Nachvé

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31 janvier 2007

Une idée du temps

Il était une fois… mais était-ce vraiment une fois ? Etait-ce un commencement ? Une fin ? & d’ailleurs, y a-t-il jamais eu un commencement. Existerait-il une fin si nous cherchions comment tout ça à commencé ? Peut-être que ça n’a jamais vraiment commencé… Il n’était pas une fois, il était une éternité. C’est ici, chez moi, là où il n’y a pas de murs. C’est ici que l’univers tout entier s’est donné rendez-vous pour repartir d’un nouvel élan !

Thomas D. Lavorel

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07 février 2007

Toute société à les crimes qu'elle mérite (Mathieu kassovitz - Assassin(s))

Cette société froide & mécanique qui nous coince dans ses rouages en canines vampires.

Cette société qui prend, qui englue, qui enchaîne, & qui offre par derrière les consolations tribales, les jouissances faciles & les masturbations expiatoires.

Cette toile d’araignée aux ramifications métales où tout est à sa place, même ce qu’on nomme le désordre.

Cette toile de fond qui vide la pensée par une mitraille iconographique surabondante — du tout & du n’importe quoi : lobotomie, léthargie des sens & de l’imaginaire.

De la compassion pour le «mal», le méchant, le monstre — le tueur froid, méthodique, artisanal, & qui n’est que le fruit pourrit d’un arbre mort — & le fruit tombe avant l’hiver, il éclate à la gueule des gens — & les vautours s’emparent des déflagrations pour un surplus de bombardement : on montre la violence entre deux pages de pub & trois émissions décérébrées, pour nous prévenir : prévention : préparation — formation !

Un jeune gamin se pointe au portail de son collège & flingue dans la foule, au-delà de sa cible, avant de se brûler la cervelle — ce gosse ne cherche pas à exprimer sa radicalité, ni à exprimer radicalement sa détresse sociale : il est conforme au mécanisme qui l’infrastructure ; sa volonté, sa pulsion de meurtre est mécanique : il accomplit le geste que la société pointilla pour lui, pour nous, pour eux.

Déviance mon cul !

On est toujours sur le droit chemin, même quand on s’en écarte pour prendre l’autoroute à contresens.

Alors…

Alors ? Balancez vos télés & brûlez les journaux, ne regardez plus le décolleté de la pute de la météo pour y apprendre la couleur des nuages qui sont derrière les murs !

L’araignée nous tient par les couilles, & il semble que plus elle serre fort, plus on jouit.

Les vrais bandits sont ceux qui pointent du doigt les présumés coupables.

Ressac de choc à l’écran accrochant le chaos aux lucarnes des consciences bien propres — «nous, au moins, nous sommes des gens biens.» — :

la pire racaille est celle qui flingue au figuré en nous offrant des fleurs dans un bouquet d’encens.

Thomas D. Lavorel

Posté par Dionysos III à 14:01 - Ecriture Privée - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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