MESSAGERIE LIBERTINE



Les pantins de la rue Lecoutre sont des voisins comme les autres
Ils savent comment faire pour gagner leurs rêves
Ils n'oublient jamais de demander l'heure aux passantes sans soucis
Leurs lèvres sont charnues et leurs yeux féconds
On pourrait les confondre

Quand il leur arrive de manger de la soupe avec les doigts
On est pas peu fiers par chez nous
Ce n'est pas qu'on leur vendrait nos vieux os
Mais on peut se débrouiller pour faire une omelette

Et moi je dégringole les plastrons
Pour éviter les raz de marée qui me sourient déjà
J'ai laissé derrière toi des pas de tristesse
Alors que je n'avais même pas de bottes
J'ai pourtant essayé de rattraper tous les Marceaux
Mais la blague n'a pas fait de tabac

Avec mes airs à dégonfler de belles ruches
Je m'habille jalousement dans un mouchoir de pêche
Sans même y prêter attention
Comme tu ne m'as pas prié de prendre la porte
J'ai choisi la fenêtre
J'en ai profité pour sortir ta plante
Elle avait soif…


Matthieu I. Nachvé