17 juin 2007

Les frissons de l'angoisse

RAGE DEDANS

 

 

Dans les plus sombres dédales de ta mémoire
Surgit un son sourd à la percussion douloureuse
Il prend sa sève dans des sueurs de service
Pour mourir à la commissure de tes murmures

 
Pendant ce chambranle de déchirure
Où tu chavires entre peine et délice
En une étreinte fabuleuse
Rythmée aux accords de formules rasoirs
 

Les néons de reflets ostentatoires
Te dispensent d’une rage sulfureuse
Fantôme auréolé d’un sourire factice
Comme pour te rappeler la facture


Il était une fois une petite douleur… à peine plus grande que le chas d’une aiguille. Elle était toute petite pour mieux passer partout & elle passait tellement partout qu’on avait du mal à la déloger. Parce que c’était son truc préféré d’aller se nicher n’importe où. On aurait presque pu jurer qu’elle allait volontairement s’incruster dans les quartiers sensibles. & elle n’a pas besoin d’intégration, elle. Les seuls papiers qu’elle possède sont loin d’être hygiéniques :
- «Bonjour madame, gendarmerie nationale. Vos papiers s’il vous plaît»
- « Pas la peine, je suis la douleur»
- «Ha bon alors circulez»

Mais il ne faut pas se fier aux apparences. Ce n’est pas parce que la douleur est petite qu’elle est inoffensive. Faudrait peut-être pas la prendre pour une tapette, la douleur. Elle n’est pas du genre à défiler pour la Gay Pride campée sur des semelles compensées, arborant une culotte en cuir rose ou autre si affinité. Son credo, c’est plutôt le sado maso :
- «Quelqu’un a vu la douleur ?»
- «La dernière fois que je l’ai vue, elle faisait un gang bang avec le désir»
- «Tant pis, je repasserai plus tard»

 

La douleur avait un ennemi juré, celui qu’on retrouve dans tous les épisodes : la famille des anesthésiants. Ils étaient divers & variés mais ne manquaient pas de charme pour autant. On pouvait succomber facilement aux avances de leurs apparats. On les reconnaît à leur déhanchement non assujettis à la loi de la gravité ainsi qu’à leur façon d’arpenter les dortoirs :
- «Monsieur Levasseur, c’est l’heure de vos petites pilules bleues»
- «Mais je ne me sens pas mal»
- «Justement… vous irez encore mieux après»

Comme dans toute bonne famille qui se respecte, les anesthésiants avaient l’habitude de se mélanger sans complexe. La consanguinité étant une denrée très appréciée dans le milieu. Ainsi chacun pouvait choisir la forme de ses rêves… pourvu que le cauchemar s’éteigne.

Posté par InacheV à 15:17 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
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Commentaires sur Les frissons de l'angoisse

    Je découvre ce lieu...et ce texte en particulier. De vraies pépites... je n'énumérerai pas les phrases qui font mouche mais vous dirai merci

    Posté par Made.moi.ailes, 30 octobre 2007 à 21:46 | | Répondre
  • Un "il était une fois" riche et sombre, presque douloureux ... surement le but d'ailleurs.
    et " Pour mourir à la commissure de tes murmures " c'est sublime.

    Posté par Val, 25 juin 2007 à 11:54 | | Répondre
  • Le paradoxe de l'Inachevé

    Une sorte de constat... même pas à l'amiable d'ailleurs
    Il faut bien finir quelque part

    Posté par Inachevé, 26 juin 2007 à 19:32 | | Répondre
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