20 octobre 2007
Les enfants de la liberté
"Jeannot, Tu leur diras de raconter notre histoire dans leur monde libre. Que nous nous sommes battus pour eux. Tu leur apprendras que rien ne compte plus sur cette terre que cette putain de liberté capable de se soumettre au plus offrant. Tu leur diras aussi que cette grande salope aime l'amour des hommes, et que toujours elle échappe à ceux qui veulent l'emprisonner, qu'elle ira toujours donner la victoire celui qui la respecte sans jamais espérer la garder dans son lit. Dis-leur Jeannot, dis-leur de raconter tout cela de ma part, avec leurs mots à eux, ceux de leur époque. Les miens ne sont faits que des accents de mon pays, du sang que j'ai dans la bouche et sur les mains."
L'histoire :
L'homme qui parle est sur le point de mourrir & pas de mort naturelle. C'est ainsi que ses mots crus nous pilonent le coeur à coup de marteau piqueur... Ce roman fictif qui se déroule à l'un des pires moments que l'Histoire ai pu porter, nous apprend que la liberté est surtout synonyme de résistance.
On y apprend aussi le devoir de mémoire... Pas celui dont les média bien pensant (ou bien pensés) nous éduque mais celui d'individus qui ont vécu, survécu. La mémoire non pas d'une nation mais d'un entourage proche. Le devoir non pas d'un ressentiment mais des sentiments qui nous animent
10 janvier 2007
A couteaux tirés
"La pitié vient surtout nous bouleverser quand la souffrance trouve une voix pour tourmenter nos nerfs"
H.G. Wells (L'île du Dr Moreau)
18 octobre 2006
Tel père telle fille... ou presque
"Quand j' s'rais grande j' veux être heureuse
Savoir dessiner un peu
Savoir m' servir d'une perceuse
Savoir allumer un feu
Jouer peut-être du violoncelle
Avoir une belle écriture
Pour écrire des mots rebelles
A faire tomber tous les murs"
(Renaud - C'est quand qu'on va où?)
Pour le reste, je ne sais pas, mais pour l'écriture, ça me semble plutôt réussi... Elle est devenue écrivain. Son premier livre, Les Cendres de Maman est parut il y a peu aux éditions des 400 coups, avec la complicité graphique de Lino - un artiste dont je ne savais rien avant de lire cette histoire & dont l'univers me semble un peu psychédélique, cauchemars d'enfants ; à découvrir. Un premier livre qu'elle signe pour les enfants, & d'une belle plume.
C'est l'histoire de Mia que Lola nous raconte, Mia qui rentre chez elle après une journée d'école, qui se pose devant son poste de télévision & qui appelle sa mère pour que celle-ci lui apporte son goûter. Mais personne ne répond. Elle appelle une seconde fois... toujours pas de réponse. Que ce passe-t-il ? D'habitude maman est toujours là quand je rentre de l'école, elle me prépare toujours mon goûter - des tartines de Nutella qu'elle trempe dans un verre de jus d'orange - comment se fait-il qu'aujourd'hui il n'en sois pas ainsi ? Mia décide donc de prendre les choses en main. Elle éteind la télévision & se rue vers la cuisine mais il n'y a personne. Par contre, le jus d'orange est renversé sur le sol & il y a des traces de lutte un peu partout. Que s'est-il passé ? Puis ce sont des traces de suie qui sont visibles soudain à Mia, sur les murs é sur le sol. De la suie... mais qui peut bien laisser de la suie sur son passage ? Le ramoneur ! Bien sûr. Tout s'explique : maman a été enlevée par le ramoneur. Sans prendre le temps de se délecter de sa déduction, Mia se met en route à la recherche de sa mère & se lance dans l'aventure, de l'autre côté du foyer de la cheminé...
Ce n'est pas un conte de fée, ce n'est pas une histoire où le monde est enchanté, tout plein de couleurs vives & claires, tout plein de bisounours & de guimauve de fête foraine ; c'est un livre plutôt sombre, un petit livre "d'épouvante" exprès pour les petits. Il n'y a aucun monstre, aucune créature maléfique, aucun sorcier redoutable : seulement le monde des adultes du point de vue d'une petite fille. La noirceur du roman n'est pas non plus pour remplir les jeunes esprits d'images violentes, noires & malsaines, mais pour décrire, par une longue & belle métaphore, l'angoisse d'une petite fille qui voit sa maman changer de vie après un divorce, s'éloigner un peu plus, & qui commence à comprendre toute les souffrances du coeur & qui découvre que ceux qu'on aime sont, eux aussi, libres.
A lire !
04 octobre 2006
Le dernier jour d'un condamné
"Adieu l'espoir, adieu les roses, adieu la nature et le vent ; tout cela n'est plus à moi. Et Marie, ma pauvre petite fille ! Qui t'aimera désormais ? Mon cœur saigne toute ma rage..." Qui parle ? Un homme semblable à tous les autres, dans l'attente de la mort. Dehors, dans la lumière pâle du petit matin, la guillotine projette son ombre sur le pavé. Dans quelques heures, cet homme sera exécuté. Son crime ? Il n'en dit rien. Le temps presse. Sur le papier qui lui reste, il jette encore ses terreurs et ses angoisses, se souvient du bonheur enfui... Qu'espère-t-il ? Conserver la force de se tenir debout. "Que ce que j'écris ici puisse être un jour utile à d'autres, que cela arrête le juge prêt à juger, que cela sauve des malheureux, innocents ou coupables, de l'agonie à laquelle je suis condamné..."
L'histoire :
Le livre est le journal d'un condamné à mort, qui se propose d'écrire ce qu'il vit pendant les dernières semaines avant son exécution. Le lecteur ne connaît ni le nom de cet homme, ni ce qu'il a fait pour être condamné : l'œuvre se présente comme un témoignage brut, à la fois sur l'angoisse du condamné à mort et ses derniéres pensées, et sur les conditions de vie des prisonniers, par exemple dans la scène du ferrage des forçats.
26 septembre 2006
Pourquoi j'ai mangé mon père
L'histoire :
"Ta saloperie de feu va vous éteindre tous, toi et ton espèce, et en un rien de temps, crois-moi ! Yah ! Je remonte sur mon arbre, cette fois tu as passé les bornes, Edouard, et rappelle-toi, le brontosaure aussi avait passé les bornes, où est-il à présent ? Back to the trees ! clama-t-il en cri de ralliement. Retour aux arbres !"
Lorsqu'on se penche sur la préface de ce texte, écrite par Vercors, également traducteur de ce livre, on ne peut douter de ce que sera notre état à la lecture de Pourquoi j'ai mangé mon père : au pire, la mort par le rire, au mieux un divertissement total et entier. Vercors a ri, Théodore Monod a ri, tout le monde salue l'humour dévastateur et ethnologique de Roy Lewis. Utilisant avec réussite le principe ancien qui consiste à transposer dans une époque (la préhistoire), la pensée d'une autre (la nôtre), Roy Lewis nous conte les efforts de nos ancêtres les demi-singes dans leur lutte acharnée pour la survie et la prospérité de l'espèce. Voilà que nos ancêtres sont à la croisée des chemins, face à une nature hostile et à une foule de prédateur. Un tournant de l'évolution qu'il est crucial de négocier en douceur, sous peine d'extinction. Or, voilà qu'Edouard, hominien à l'esprit éclairé, découvre le feu. Une trouvaille qui sauve la famille certes, mais déplaît fort à son frère Vania, qui prédit la fin du monde, milite pour la viande crue et le retour dans les arbres... Roy Lewis fait ici de l'anachronisme sa seule loi et revisite avec brio les grands thèmes de société : l'éducation, le rôle de la femme ou l'éternel combat entre progressistes et réactionnaires. Il aborde également l'écologie, la famille et pose la question cruciale de la maîtrise du progrès technique par le biais de cette fresque grandiose, hilarante et moderne. --Hector Chavez
19 septembre 2006
Le Petit Prince
Antoine de SAINT EXUPERY (1900-1944)
Le Petit Prince est l'œuvre la plus connue d'Antoine de Saint-Exupéry. Publié en 1943, c'est un conte philosophique et poétique qui, sous l'apparence d'un conte pour enfants, aborde des thèmes profonds comme la vie & l'amour, la mort, l'amitié, les attitudes & préoccupations face à la vie, voire le suicide. En fait, chaque chapitre relate une des rencontres du petit prince et contient une moralité, une ou deux phrases simples.
L'œuvre est également illustrée par l'auteur lui-même. Ses dessins, simples et d'un style un peu naïf, sont tout aussi célèbres que le livre lui-même.
L'hitoire :
J'ai ainsi vécu seul, sans personne avec qui parler véritablement, jusqu'à une panne dans le désert du Sahara, il y a six ans. Quelque chose s'était cassé dans mon moteur. Et comme je n'avais avec moi ni mécanicien, ni passagers, je me préparai à essayer de réussir, tout seul, une réparation difficile. C'était pour moi une question de vie ou de mort. J'avais à peine de l'eau à boire pour huit jours. Le premier soir je me suis donc endormi sur le sable à mille milles de toute terre habitée. J'étais bien plus isolé qu'un naufragé sur un radeau au milieu de l'océan. Alors vous imaginez ma surprise, au lever du jour, quand une drôle de petite voix m'a réveillé. Elle disait : ... " S'il vous plaît... dessine-moi un mouton ! "
Un site intéressant sur ce personnage haut en couleurs : http://www.capsurlemonde.org/sahara/petit-prince.html












