Icare : fils des lumières

Variation intempestive de nos complexes sur le mythe d'Icare...

21 septembre 2006

Garder le cap...

AVANT PROPOS
(immuable évidence)



Donne moi donc une éponge
Que j'efface cette mascarade
Ne prophétise plus jamais de mensonges
Si tu ne veux pas passer à travers la balustrade
Décroche ce rêve dangereux de la façade
Ce rêve que tant d'amis ont déjà proscrit
Est-il impossible qu'avec un tel charivari
Tu oublies chaque jour le venin que l'on t'injecte
Ce que tu crois être n'est qu'une vaste supercherie
Quelles sont donc ces lois que tu respectes ?

L'étendard desséché est entaché de rouge
Il garde encore le souvenir de sa dernière croisade
Bloqués dans les affres du suffoquement bougent
Encore les corps tombés sous la première fusillade
Toujours ils marcheront telle une vague, la noyade
N'en finit pas quand vient leur ultime asphyxie
Leurs morsures t'étreignent contre le corps, des piloris
Débauche à peine ébauchée du Grand Architecte
Mise en place d'une cohorte en costume flétris
Comment ne pas trouver tes machinations suspectes ?

A cause de ces œillères, ton chemin au bon sens déroge
Risquant d'échouer avec fracas tout contre la palissade
Ta sélection d'aliénés n'est que négatives éloges
Grossièrement maquillées en de subtiles œillades
A la nature autant au bonheur tu lances la bravade
D'une candeur orgueilleuse pour une vulgaire parodie
Ne condamne plus ceux qui de ton conditionnement sont affranchis
Tout le monde ne peut pas s'accommoder d'une vie d'insecte
Trop d'esprits ont déjà été corrompus, quel gâchis
Pourquoi n'est-ce point ton cerveau que l'on désaffecte ?

Ame perdue, abandonne cette sélective démagogie
Nous savons pertinemment que notre monde n'est pas si abject
L'instinct culturel nous interdit l'existence en léthargie
D'où puiserait-on le nectar dont on se délecte ?



Sector & Matthieu I. Nachvé

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01 octobre 2006

Je quitte le passé, je flirte avec le présent & j'embrasse l'avenir...

Souvenirs d'aujourd'hui

Aujourd'hui je me souviens du passé ;
Certains de ces souvenirs longtemps refoulés
En moi ces coquins s'étaient cachés
Ressurgissant à leur bonne volonté.
J'ai écrit il y a de ça un an,
Quelques vers que je regarde différemment ;
J'avais écrit "Loin du passé"
Croyant qu'il constituait un danger.

Mais loin du passé c'est ignorer
Ce qui crée notre vie chaque journée ;
C'est ignorer que ce passé agit encore
Sur mon âme, mon coeur et mon corps.
Alors je m'efforce de me souvenir,
Des images me viennent quand je respire.
De ce passé revécu dans mes écrits,
Je découvre mes sentiments cachés dans la nuit.

Je me souviens de mes années d'insouciance,
De mes journées euphoriques d'effervescence
Où je n'avais pas encore cette voix dans ma tête
Qui me rappelle de m'acquiter de ma dette,
Contractée par tant de bonheurs accumulés :
Comme une sorte de profonde culpabilité.
Cette voix qui me dit qu'à tout moment
Ma vie peut basculer inexorablement.

Mais dans le passé je veux me réfugier
Au lieu de l'utiliser pour me retrouver.
Quand mes mauvais souvenirs ressurgissent
Tels des démons, des fauves qui rugissent,
Inlassablement je veux les affronter
Alors qu'ils ont cessé d'exister.
Retrouve, comprend et analyse ton passé
Mais surtout n'en fait jamais un boulet.

Combien d'erreurs ai-je commises ?
Et cette vie m'a-t-elle comprise ?
Ce que je dit a-t-il une importance ?
On a toujours une nouvelle chance,
Car ce qui est dans le passé existe encore ;
Il vibre dans ta tête, il dort
Et parfois il se réveille en sursaut
Ramenant les cicatrices à fleur de peau.

Les bons souvenirs se disputent la vedette
Avec les mauvais, jours noirs et jours de fête,
Avec mes amis ou seul dans mon univers.
De loin je revois mon paradis comme un enfer.
Je ne souffre plus de mes erreurs
Mais j'en subit les conséquences.
Alors je sonde le fond de mon coeur
Pour me souvenir, pour en tirer une science.

Vivre Ici et Maintenant n'est pas une utopie,
Ce n'est simplement que la réalité de ta vie.
Une vie agrémentée de rêves et de souvenirs,
D'espoir et d'avenir à reconstruire.
Apportons le sourire à nos enfants,
Dieu fasse qu'ils ne deviennent jamais grands ;
Attachés au sol, aux hommes et à ses lois,
Donnons leur l'occasion de trouver la foi.

Thomas D. Lavorel & Matthieu I. Nachvé

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07 octobre 2006

Les insectes sont nos amis...

OPPORTUNISME

Assise sur le bord d'un pot de confiture
une fourmi observe deux curieuses créatures
Scrutant l'horizon avec une infime délicatesse
Elle regarde si rien de nouveau ne se créé à l'Est.
Lorsque soudain passe une mouche
Avec ses multiples regards, toute belle
Se déhanchant frénétiquement à tire d'aile
Tortillant du cul avec une certaine poésie
qui se diffuse dans les douceurs de la vie
Le tout par la bouche.

Un léger bourdonnement réveille d'un oeil
La créature vivant dans cet étrange recueil
Ces fils de soie blanche brillament tissés
Une magnifique toile d'araignée.
Frémissant au vent,
Un joli papillon exotique voire tropical
Venait de se prendre au piège infernal
Que l'araignée avait consciencieusement préparé
Ses ailes étaient complétement emmaillotées
Et luttaient inéxorablement.

La mouche, voyant ce spectacle de mille yeux
Sentit dans ses ailes un frémissement malheureux :
Se pourrait être elle perdue dans cette splendeur
Elle regardait ce papillon se débattre avec hardeur
Dans cette prison nourricière...
Quand soudain elle sentit un poids sur son dos
Qui l'emportait au sol dans un soubresaut.
Faute de s'être trop apitoyée,
La mort l'attendait pour l'éternité.
Festin à la fourmilière !

Thomas D. Lavorel & Matthieu I. Nachvé

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09 octobre 2006

Toute ressemblance serait fortuite...

LES VINGTS COEURS


Laissez-moi vous conter ce sanglant épisode
Que l’humanité a dénié appeler fratricide
Avec laquelle vérité notre histoire coïncide
Funeste destin pour deux cultures aux antipodes
Chacune affectée de ses fables d’émeraude
Et formatée dans leur esprit trop candide
Laissez-moi vous conter ce sanglant épisode
Que l’humanité a dénié appeler fratricide

Les fusils de guerre grondent à l’assaut de la fraude
Ses rangs serrés de fines lames intrépides
Massacrent l’infidèle en suivant la méthode
Qui du bourreau ou de la victime est le plus lucide ?
Laissez-moi vous conter ce sanglant épisode



Thomas D. Lavorel, penseur de maux
Matthieu I. Nachvé, panseur de mots

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15 octobre 2006

On ne pense jamais assez à nos mères...

PERDUE

Le visage marqué par la vie
Par l'envol de ses envies
Elle avance sur sa route sans surprise
Elle avance sur une route trop grise
Pas plus large qu'un trou de serrure
La vie s'écoule au fur et à mesure
Qu'elle constate que la vie se raccourcie
Qu'elle pense que tout est trop vite fini.

Moi je n'étais qu'un enfant
Vivant libre et innocent
Je te suivais sur ta route sans méprise
Je ne voulais en aucun cas lâcher prise
Je voulais tellement t'expliquer
Qu'à chaque serrure y a forcément un clé
Que tu saches que ma vie humaine
Ne sera jamais une expérience vaine.

Perdue dans le brouillard de la vie
Le coeur plongé dans la nuit
Obscure mélange d'amertume
Et de chagrin noyé sous la lune
Aurais-je encore la force de t'aider
Quand je n'ai pas fini d'évoluer ?

A présent je prend mon envol loin d'ici
Je veux connaître mon paradis
Mais avant de m'éloigner de toi
Je veux que tu saches pourquoi
Je n'ai jamais agi contre toi
Je n'y ai pas songé parfois
J'ai été égoïste à mon tour
J'ai fait peu de preuves d'amour.

Je t'aime de tout mon coeur
Je ne nourri aucune rancoeur
Même si je le montre rarement
Je t'éloge infiniment
La vie m'a appris à comprendre
Sur des aspects enclins à surprendre
J'honore ton mérite et ton talent
Que tu déployas en nous élevant.

Perdue dans la brouillard de la vie
Ouvre les yeux et découvre ta vie
Obscure mélange d'amertume
Et de chagrin noyé sous la lune
Va au bout de tes rêves et rit
Mais surtout ne rêve pas ta vie.

Thomas D. Lavorel & Matthieu I. Nachvé

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28 octobre 2006

Avec le temps...

ALORS TU FUIS

C'est là,
Bien ancré dans mon corps qui ne peut plus respirer
Ca fait comme une durite nouée, comme un abcès
Ca ressurgit au moment où on ne veut surtout pas
Le temps peut fuir, elle a déjà préparé ton trépas.

Toujours là,
Je voudrais l'effacer cette douleur qui ne veut pas disparaître
Pourtant elle s'accroche, use de tout les subterfuges
Ses acides parcourent mon corps sans rien laisser paraître
Il n'y a aucun endroit où je puisse trouver refuge.

Vivre avec,
Cette rage contenue qui me ronge depuis toujours
Qui me fait voir un avenir vraiment très court :
Pas assez de temps pour voir le bon côté,
Trop de temps à supporter le mauvais.

Vouloir courir,
Loin de tout, de ce monde absurde
De cette vie pour beaucoup trop rude.
Mais cette vie c'est comme un aimant,
Elle t'attire mais tu t'en détaches rarement.

Ne jamais s'arrêter,
A jamais nourrir ses espérances
De sortir de ce système rance
Qui transperce mon coeur désabusé
A grand coups de flèches empoisonnées.

Seulement où aller ?
Errer sans pensée immonde,
Cracher avec violence sur ce monde,
S'unir en ronde de paix
Pour refuser ce système scarifié.

Alors tu fuis,
Tu pars vers une vie meilleure
Afin de trouver le bonheur
Qui n'est ni aux cieux, ni ici bas
Mais tout simplement en toi.

Thomas D. Lavorel, Seb L.N. & Matthieu I. Nachvé

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08 novembre 2006

Comme un vide...

L'ABSENCE

Il y a des jours où tout va pour le mieux
Aucun détour, la vie brille de mille feu
Emplie d'amour, je me sens renaître à jamais
Dans le parcours, celui pour lequel je suis fait
Aux alentours, aucun obstacle à la ronde
Pas une tour, pas une gorge profonde

Et puis il y a les jours où tu n'es pas là...
Ces interminables périodes annonçant mon trépas
Où je passe le temps comme on passe son tour
Me demandant à quoi sert de vivre sans détour

Il y a des moments où l'euphorie est si grandissante
Qu'inexorablement je file telle une étoile filante
Tout en courant à la recherche de ma quête
Que gentiment me révèleront mes prophètes
En rêvant, j'accède à leur message universel
Me gratifiant de leur plénitude spirituelle

Et puis il y a les jours où tu n'es pas là...
Ces interminables périodes annonçant mon trépas
Où je passe mon temps comme je passe mon tour
Me demandant à quoi sert la vie sans détour

Il existe quelques instants de joie infinie
Que l'on savoure jusqu'à la moindre miette
Pendant que le temps, fatigué s'arrête
Pour nous laisser un peu de répis
Cent fois vécu dans notre vie ; étendue
Cette joie, comme le corps d'une femme nue

Et puis il y a les jours où tu n'es pas là...
Ces interminables instants annonçant mon trépas
Où je passe mon temps autant que passe mon tour
Me demandant quels vers faire pour parler d'amour

Il existe une étoile qui brille jours et nuits
Qui a posé un doux voile allant du bleu au bleu nuit
Une âme qui se dévoile pour s'abreuver de la vie
Et suivre son étoile jusqu'au loin dans l'infini
Avec autant d'escales qui lui sera nécessaire
Pour transformer ses râles en pensées solitaires

Et puis il y a des jours où tu n'es plus là...
Ces inlassables moments annonçant mon trépas
Où je passe le temps, j'attends mon tour
Où je pourrais ré apprécier de vivre sans détour

Et puis il y a le jour où tu reviendras
Ce moment tant espéré dont je rêve tout bas
Pour enfin reprendre notre route inachevée
Et révéler au monde ce que l'on sait...

Thomas D. Lavorel & Matthieu I. Nachvé

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14 décembre 2006

Réservé à un public averti...

LETTRE A GEORGE SAND
(de Monsieur "qui tu sais")



Mademoiselle
Feignez votre zèle
Lorsque vos ciseaux cisèlent
La viande de cette gazelle

Si vous acceptiez ma dague,
Au doigt je vous passerai ma bague
Qu'aucun mauvais sort jamais n'élague
En cette séance : sommaire leçon de drague

Histoire de parler un peu sinon
On ne connait jamais le prénom
Du chaînon que vous êtes entre la guenon
Et l'idée que je me fais d'un véritable canon

Je ne voudrais pas paraître sentimental
En vous offrant ce bouquet de digitales
A peine plus pur que le cristal
Issu de notre choc frontal

Au commencement était le verbe
Et bien avant qu'il ne devienne acerbe
Je me suis tût dans des baisers superbes
A votre coquin castor imberbe

Vous verrez qu'en amour je ne suis point chiche
Je vous ferai tourner à la manière d'un derviche
Celui là n'aura pas besoin d'un postiche
Son surnom, c'est le pied de biche

Et durant nos sulfureuses cabrioles
Vous ne me verrez point chanter de carmagnole
En déguisant ma voix sous un accent créole
Mais si jamais je le fais, jetez moi du vitriol


Thomas D. Lavorel & Matthieu I. Nachvé

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02 février 2007

Des lianes nouées de tresses

Le silence de nos rimes, fluide comme une métamorphose
Terreur de la page blanche / plume brisée

L'écriture est un mensonge accepté à demi-mot, un costume de scène pour un comédien déçu de sa présence, un subterfuge pour grandir & sublimer la pensée. Les mots trahissent la pensée, ils n'en sont que le reflet sans éclat.

Pourtant les mots te collent aux basques et tu ne peux pas décrocher de leur phrasé. En phase avec leur parfum de fraise, tu leur prends la main comme un enfant donne un brin de vie à une poignée de sucreries.

Mais sans les images, les mots sont muets. Leur silence plombe les regards qui ont déserté les croisements. Ils s'accrochent aux branches des saules & sont les seuls à pleurer les vies qu'ils effleurent d'un bref étonnement.

De calomnies en décalcomanies, les mots n'ont aucune parole. Ils se prostituent perfidement sans se faire prier. & on paye cher pour ce négoce... pourtant les mots ne sont pas de l'or, mais ils savent briller, ils s'emmitouflent de verrerie &, lorsque le soleil brille, ils aveuglent à défaut d'absorber.

Quand on pense qu'on se damnerai pour avoir le bon... celui de la situation. Les mots ne nous permettent-ils pas la reconnaissance & les honneurs ? En quel honneur ne pourraient-ils pas faire notre bonheur ?

 

Nous parlerons dès lors de mots-passerelles, de rivets, de clous que l'on enfonce dans la paroi pierreuse de la falaise où nous sommes accrochés tel un nid d'aigles ou de faucons. De rivets & de clous autour desquels viendra se nouer la corde d'Ariane que nous tissons dans notre escalade & par lesquels s'appuient le grand enjambement.

 

Thomas D. Lavorel & Matthieu I. Nachvé

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