29 février 2008
Vogue la vague....
A
pas de loup — comme une espionne
Je
suis la nuit fauve
Qui
t’ouvre ses bras
&
t’invite à valser
Infatigable
voyageur
Au
plus profond de la vague
Où
tout se reforme
Laisse-toi
bercer
17 janvier 2008
Brêve de trottoir
- T'aurai pas une tite clope ?
- NON !
- Ça va, c'était pour faire la conversation. J'peux m'assoir ?
- C'est un banc public, comme son nom l'indique il est à tout le monde.
- Ça va pas fort on dirait, t'as des problèmes ?
- Des problèmes ! De nous deux, c'est bien toi qui doit avoir le plus de problèmes. Moi, il me reste les solutions.
- Dis donc, faudrait ptet voir à garder ta pitié pour toi : c'est pas parce que je suis misérable que je suis malheureux...
- M'enfin bon : tu sais jamais où tu vas dormir quand tu te permets ce luxe. Tu luttes avec le froid & l'ennui surtout. Sans parler des gens qui te regardent de travers...
- C'est normal, c'est des gens : c'est à ça qu'on les reconnait. Pis avoir froid, ça prouve que t'es en vie & le sommeil arrivera bien un jour ou l'autre.
09 décembre 2007
Einstein...
Relativité intemporelle du défaitisme ambiant sur un sujet facilement déterminé par la conjoncture pharmaceutique du siècle dernier
Ils courent
Tracent des mots
Pour les modeler au gré de leurs avis
Quand ces lettres s’enlacent
& se prélassent
Pour regarder passer les trêves
Toucher le temps
Toucher les gens le temps de fortifier leur âme
Forcer les barrages & s’élancer
Dans l’inconnu délaissé
Petit coin de découverte
D’une imagination exclusive
Les artistes du ridicule s’attristent de leurs rides Conditionné
Par des contes additionnés
Des tentacules virulents
Au venin gluant
Ils s’amassent
Dans leur défi subversif
Déversant par-delà l’immensité
Trop d’éléments déjà cités
Pour être appréciés
Qu’importe la célérité
Quand on a la célébrité Alors
Au simple détour de leur éther
Quand la lueur s’enflamme
Trop brûlante pour être ignorée
Quand les échos se font justes
Audible au firmament Ils terrassent leur colosse d’airain
Se glorifiant de vers agiles
Les mots ont un sens dont l’émotion encense (Matthieu I. Nachvé)
02 février 2007
Des ravins dévorants
Il faut que j'écrive...
C'est tellement plus facile de rebondir quand le béton est armé. Seul le fou est à l'abri des percussions automatiques de la mémoire. Qui, mieux que l'inconscient, pourrait maîtriser son subconscient ?
Court, toujours trop court...
Les pensées se lèchent & se collent sur une enveloppe sans destinataire. Ermites errantes à la recherche de leurs papiers, elles disparaissent au détour d'un nouveau choix.
Sale temps pour la conscience...
Dépourvue d'antibrouillards, sa foi se meurt. Ce qui m'écoeure encore une fois de plus. Comment les mots pourraient-ils exhaustivement décrire la souffrance de leur absence ?
Matthieu I. Nachvé
08 janvier 2007
Inachmisme & Surréalisme
ALBATROS OCEANE
Passent les montagnes Passent les cathédrales
Les jours se saoulent
Je malheur
Pas assez sèche la substance étouffe la flamme
Il y a un caillou dans ma chaussure gauche
Une toile d'araignée au lustre de mes millénaires
Un sucre dans mon réservoir
Un malsain désir de revanche
Le soleil m'a grillé au rayon des lumières
& je reste entre deux cases à connecter les fils fondus de mes foutaises
A l'Ouest rien de nouveau
A l'Est tous leurs massacres
Je perd le Nord dans les décharges nucléaires
& vire au Sud des options écrites en pointillés sur mes contrats de défiance
Surveillance engagée
Culture apprivoisée
- Maquisard silencieux pointé sur le signal d'alarme
En passant par chez toi
Je suspendrai ma croix à ton portemanteau
J'imposerai le silence aux armées de pendules qui défilent pour la montre sous tes fenêtres
& j'écraserais mon dernier mégot de dynamite dans l'overdoses d'un cendrier
Avant d'aller pleurer des larmes de peau neuve
Dans le lit de tes rivières embrassées de flammes bleues
J'oublierai un peu que je n'oublie jamais.
One Love
Thomas D. Lavorel
16 novembre 2006
A Léo...
Le vers doit faire l’amour dans la
révolte
Au grand dam des désinvoltes
Qui virevoltent
Sèment en vue de la récolte…
J’ai longtemps pansé ma
solitude
À grand renfort de placebos
d’amertume
Des refrains scandés à
titre posthume
Comme autant d’écrins de
papier
Pour des diamants maquillés
Je les ai rêvés
& j’en crève encore
Ils somnolent & ronronnent dans ma
boîte à musiques
Pour mieux me surprendre à
surgir
Aux diables vos vers !
J’ai maintes fois défié
les étoiles filantes
Machinalement, de force
Mais les étoiles filantes ça
file plus vite que ta folie…
Tellement vite
Que les livres n’ont pas le temps de
gercer
Tous ces mots qui te poursuivent
D’une défiante chasse à
l’âme
Ces maux qui défilent
Sur les Champs Elysées de ta
mémoire…
Qui brûlent les priorités
sans s’en apercevoir
L’air de rien
C’est dans l’air du temps
Sur les frises d’écoles
La mélancolie n’y figure pas
& la nostalgie devient obsolète
La démesure des misères,
elle
Y figure, ponctuellement
Elle ne se fait pas prier pour se faire
prêcher
On se penche dessus comme des forcenés
On en oubli souvent de se relever
Le lumbago sera le grand mal du siècle
De notre millénaire
Aux portes d’un avenir science fictif
Assaisonné de désir en
apéritif
Pourrissent nos 21 grammes de surplus
Échoués
& Délaissés
Vendus pour un laissez-passer
Pourtant
On cherche tous
Au fond de notre folie
On cherche des indices de notre défaite
On s’apprend dans la retraite
On se méprend sur les réconforts
On se surprend à y croire encore
Y a pas de loi contre ça
« On naît & on
meurt tout seul » disais-tu
« Entre les deux, ce ne sont
que des faits-divers »
Matthieu I. Nachvé
06 novembre 2006
Le dernier Caravansérail (Odysées) - Ariane Mnouchkine
Vous n'êtes pas humains
Vous n'êtes pas des chiens
Vous n'avez même pas la dignité des pierres
Bienvenue sur le navire déchaîné
D'une mer en tissu
Bienvenue dans l'illusion d'un rêve
Qui a tout de cauchemar
Où les destins s'entrecroisent
Sur les pailles de ce grillage ouvert sur le futur
Le passage obligé
Le passage impossible
Chassé-croisé de l'exode
Traffic de réfugiés
Ces haillons se traînent à genoux
Dans la boue sans mémoire de vos bonnes consciences
Insignifiances transies
Capturées sur le vif d'une vie qui défile
Convergences fortuites
De tragiques déroutes
De simplicités nomades
Encore un souffle de vie
De quoi rire ou danser
Même pour une seconde
Car au milieu du néant
C'est le vide qui s'espace
& les flics achèvent la soudure
Des quartiers de l'Enfer
Il n'y a pas de gettho où caser sa carcasse
Juste sa peur au ventre
& L'écarlate déferlante
De ses réminiscences
Avant leurs sales guerres
Avant les bombes
Avant les fusils & les pierres
Avant Les macchabs
Avant que ces connards ne maquent nos frangines
Quand les nuit sont tombées sur nos larmes déjà grises
Quand tout à commencé
Mais dans les trous voraces où s'entasse le nombre
Des pupilles s'accrochent aux rayons interdits
A des pattes d'oiseaux qui planent sur les ombres
& qui vont vers le Nord où Midi resplendit
Thomas D. Lavorel
01 novembre 2006
Une poule devant un mégot...
LA FAIM DES MOYENS
Juillet d’une année de révolution, le blizzard soufflait déjà depuis 3 semaines et la ville commençait à manquer de vivres. Les hommes, virils et vigoureux mais néanmoins effrayés, avaient dressé d’immenses palissades. Devenus pragmatiques par la conquête, il firent, comme on dit, d’une pierre deux coups que je ne dévoilerai pas pour faire un peu réfléchir le lecteur.
Les femmes, quant à elles, avaient sournoisement déserté bien avant le fameux coup de la palissade. Les ingrates ! Seuls les hommes n’avaient plus cette chose en plus qui les rendaient si mâles. Ils les avaient toujours en fait, mais ce n’était plus un plus… c’était d’ailleurs plus un trop qu’un plus.
Le chef avait convoqué tout le monde pour une séance imminente et le chef n’aimait pas attendre… HATTANDRE, le valet de la basse-cour du chef, n’osait jamais participer à ces festives réunions, craignant, après avoir entendu son chef (il faudra penser à lui trouver un nom) vociférer qu’il n’aimait pas attendre, d’être mal reçu.
Tout le monde était déjà là même TOULMOND qui était déjà las, pourtant l’heure n’était pas tardive. VIRGIL, à l’entrée pressa la pas d’HATTANDRE. VIRGIL, théoricien portugais qui avait les faux airs de vigil, était l’arrière petit frère de LASSI DACEDIDULIQUE, le chef qui avait convoqué cette assemblée.
A défaut d’être tardive, l’heure était grave. Le moral était au plus bas et les estomacs criaient famine. « Qu’ils se taisent, cria le chef, il ne faut pas oublier les intempéries de la révolution au-dehors qui étouffent nos cœurs. Combien pour défendre notre patrie ? »
PAUL NARAITHE, le compte d’apothicaire fit l’inventaire : un paysan, trois enfants, une poule et son œuf, un gros banquier, un groupe d’une dizaine de gaillards, un pigeon, une ruse (une ruse ! oui une ruse), dix fusils, trois lances et trois coqs.
Le chef poursuivit d’un ton dramatique : « Si je vous ai demandé de venir, c’est pour voter notre repas de ce soir. »
« Je propose un banquier, dit TOULMOND, ça sert à rien un banquier et en plus à force d’attendre, il va perdre tout son gras… »
« Pourquoi pas un gaillard ? rétorqua le banquier, Y en resterai neuf. »
« Oui mais un gaillard ça n’a pas douze cheveux ? »
« Que viennent faire les cheveux dans cette histoire ? » demande le groupe de gaillards
« Je fais une théorie sur le mouvement de croissance capillaire, répliqua le paysan, ils sont l’essence même de la vertu humaine. »
A nos nymes...






