22 septembre 2006
Bob Dylan
(né Robert Allen Zimmerman le 24 mai 1941 à Duluth, Minnesota)
Une légende vivante :
Bob Dylan est un auteur-compositeur-interprète & un musicien américain dont le style musical a évolué au fil des années : rock, folk, country, blues & jazz sont les exemples de la diversité de son œuvre. Depuis ses débuts dans les années 1960, il a, par ses textes et par sa recherche de voies nouvelles (à l’encontre de son public parfois), sensiblement marqué la culture musicale contemporaine.
Les références dont s’inspire Bob Dylan pour faire évoluer son art sont non seulement à chercher du côté de musiciens américains légendaires, telsHank Williams, Woody Guthrie & Robert Johnson, mais aussi chez des écrivains comme Jack Kerouac ou Allen Ginsberg. Il apprécie également Arthur Rimbaud, avec qui il sera souvent comparé, et s’intéresse à des dramaturges, tel Bertold Brecht.
Complexe, en constante évolution (il réinvente régulièrement chacun de ses standards dans différents registres, allant du rock agressif au jazz en passant par les ballades), proche des aspirations sociales et culturelles des époques qu’elle a traversées, l’œuvre de Dylan a, peut-être plus que toute autre, fait évoluer le rôle de la musique populaire en Occident. Depuis 1997, Bob Dylan est régulièrement mis en nomination pour l’obtention du Prix Nobel de littérature. Par ailleurs, les textes de ses chansons, qui se situent entre poésie surréaliste et musique traditionnelle américaine, sont étudiés dans les universités américaines.
Quelques citations :
- « Celui qui n'est pas occupé à naître est occupé à mourir. »
- « Il y a de nombreuses manières d’écrire une histoire. Le sensationnalisme n’en est pas une. »
- « Les gens peuvent tout savoir de moi à travers mes chansons - s'ils savent où regarder »
Une de mes chansons préférées avec la traduction :
Far between sundown's finish an'midnight's broken toll
We ducked inside the doorway, thunder crashing
As majestic bells of bolts struck shadows in the sounds
Seeming to be the chimes of freedom flashing
Flashing for the warriors whose strength is not to fight
Flashing for the refugees on the unarmed road of flight
An' for each an' ev'ry underdog soldier in the night
An' we gazed upon the chimes of freedom flashing
In the city's melted furnace, unexpectedly we watched
With faces hidden while the walls were tightening
As the echo of the wedding bells before the blowin' rain
Dissolved into the bells of the lightning
Tolling for the rebel, tolling for the rake
Tolling for the luckless, the abandoned an' forsaked
Tolling for the outcast, burnin' constantly at stake
An' we gazed upon the chimes of freedom flashing.
Through the mad mystic hammering of the wild ripping hail
The sky cracked its poems in naked wonder
That the clinging of the church bells blew far into the breeze
Leaving only bells of lightning and its thunder
Striking for the gentle, striking for the kind
Striking for the guardians and protectors of the mind
An' the unpawned painter behind beyond his rightful time
An' we gazed upon the chimes of freedom flashing
Through the wild cathedral evening the rain unraveled tales
For the disrobed faceless forms of no position
Tolling for the tongues with no place to bring their thoughts
All down in taken-for-granted situations
Tolling for the deaf an' blind, tolling for the mute
Tolling for the mistreated, mateless mother, the mistitled prostitute
For the misdemeanor outlaw, chased an' cheated by pursuit
An' we gazed upon the chimes of freedom flashing.
Even though a cloud's white curtain in a far-off corner flashed
An' the hypnotic splattered mist was slowly lifting
Electric light still struck like arrows, fired but for the ones
Condemned to drift or else be kept from drifting
Tolling for the searching ones, on their speechless, seeking trail
For the lonesome-hearted lovers with too personal a tale
An' for each unharmful, gentle soul misplaced inside a jail
An' we gazed upon the chimes of freedom flashing.
Starry-eyed an' laughing as I recall when we were caught
Trapped by no track of hours for they hanged suspended
As we listened one last time an' we watched with one last look
Spellbound an' swallowed 'til the tolling ended
Tolling for the aching ones whose wounds cannot be nursed
For the countless confused, accused, misused, strung-out ones an' worse
An' for every hung-up person in the whole wide universe
An' we gazed upon the chimes of freedom flashing.
Loin entre le coucher du soleil et le glas brisé de minuit,
Nous nous cachions sous le porche, le tonnerre craquait
Comme les majestueuses cloches des éclairs réveillaient les ombres de leur son,
Semblaient briller les carillons de la liberté
Briller pour les guerriers dont la force n'est pas de combattre
Briller pour les réfugiés sur la route désarmée de l'exode
Et pour chaque soldat paumé dans la nuit
Nous regardions briller les carillons de la liberté.
Dans la fournaise fondue de la ville, nous observions avec surprise
Et le visage caché tandis que les murs se resserraient
Comme l'écho des cloches nuptiales avant la pluie venteuse
Se dissolvait dans les cloches du tonnerre
Qui sonnaient pour les rebelles, sonnaient pour les ratés
Sonnaient pour les malchanceux, les abandonnés et oubliés
Sonnaient pour les proscrits, qui sur un bûcher se consumaient sans cesse
Et nous regardions briller les carillons de la liberé.
A travers le mystique martèlement fou de la grêle sauvage déchirante
Le ciel craquelait ses poèmes dans un émerveillement nu
Que le tintement des cloches de l'église soufflait au loin dans la brise
Ne laissant que les cloches de l'éclair et le tonnerre
Qui frappaient pour le gentil, frappaient pour le tendre
Frappaient pour les gardiens et protecteurs de l'esprit
Et pour le peintre sans lien en retard son temps légitime dépassé
Et nous regardions briller les carillons de la liberté.
A travers le soir de cathédrale en rage la pluie démêlait des contes
Pour les formes dévêtues sans visage ni position
Qui sonnaient pour les langues qui ne savaient où élever leurs pensées
Rabaissées à des situations convenues
Sonnaient pour les sourds et aveugles, sonnaient pour les muets
Sonnaient pour les filles mères maltraitées, les prostituées mal nommées
Pour les malfrats hors-la-loi, chassés et usés par les poursuites
Et nous regardions briller les carillons de la liberté.
Même si un rideau blanc de nuage étincelait dans un coin lointain
Et la brume hypnotique éclaboussée se levait lentement
La lumière électrique frappait encore comme une flèche, enflammait sauf ceux
Qui étaient condamnés à dériver ou à ne pouvoir dériver
Qui sonnaient pour ceux qui cherchaient, sur leur piste sans voix
Pour le cœur solitaire des amants à l’histoire trop personnelle
Et pour chaque innocente âme douce déplacée à l'intérieur d'une prison
Et nous regardions briller les carillons de la liberté.
Les yeux pleins d'étoiles et riant dans mon souvenir quand nous fûmes pris
Piégés par inattention aux heures car elles étaient supendues
Comme nous écoutions une dernière fois et lancions un dernier regard
Envoûtés et la gorge serrée jusqu'à ce que les carillons expirent
Qui sonnaient pour ceux qui souffrent dont on ne peut soigner les blessures
Pour ceux qu'on avait confondus, accusés, abusés, épuisés voire pire
Et pour tous les gens repoussés à travers l’univers entier
Et nous regardions briller les carillons de la liberté.
29 septembre 2006
Cali
(né Bruno Caliciuri le 28 juin 1968 à Perpignan)
Un chanteur multiculturel engageant :
Ses racines sont italiennes mais aussi espagnoles (catalanes), françaises, belges... À 17 ans, il fugue quelques mois en Irlande et découvre la musique punk, qu'il adopte avec son 1er groupe Pénétration anale aussi sulfureux que bref. Son second groupe, les Rebelles, groupe de rock français est composé de copains. De 25 à 28 ans, il fait ensuite partie d'Indy (deux albums autoproduits), puis de Tom Scarlett, groupe au sein duquel se trouve également Hugo Baretge, son fidèle guitariste. De 1997 à 2001, il chante, co-compose, interprète et écrit tous ses textes ; il sortira alors un CD autoproduit avec Tom Scarlett.
En dix ans, il fait des centaines de concerts, dont le Chantier des Francofolies (2001). Fin 2001, Cali se met au piano et arrête Tom Scarlett. Il fait ensuite la première partie d'artistes tels que Brigitte Fontaine ou Bénabar et profite d’une résidence à El Mediator, salle rock de Perpignan.
En juillet 2002, après un concert aux Vieilles Charrues, il est remarqué par la maison de disques Labels qui l’engage. Il sort alors fin août 2003 L'Amour parfait. Cet album est un succès critique et commercial qui le place parmi les chanteurs francais de premier plan. Plusieurs morceaux obtiennent la faveur du public : C'est quand le bonheur ?, Elle m'a dit, Pensons a l'avenir.
En octobre 2005 sort l'album Menteur (dont une publicité télévisuelle est censurée, car tournant en dérision le gouvernement français) aux sonorités plus rock et aux arrangements plus fouillés. Il a été enregistré en partie en Irlande par le producteur Daniel Presley (Muse). En plus des proches de Cali, apparaissent sur cet album M, Daniel Darc et surtout Steve Wickham des Waterboys, groupe irlandais dont Cali est ultra fan. Cet album marque l'entrée de Cali dans la cour des meilleurs artistes français, avec des chansons à fortes valeurs comme Je ne vivrais pas sans toi. La masse des fans ne cesse de s'agrandir, qu'ils soient plutôt attirés par le côté chanson de l'album ou les concerts très rock (voire punk) d'un Cali donnant tout à son public.
Début 2006 paraît un ouvrage qui réunit Cali et Miossec, Rencontre au fil de l'autre, paru aux éditions du bord de l'eau.
Sur scène, il se produit aujourd'hui en général dans des salles de plusieurs milliers de personnes. Sur la tournée 2006, il est accompagné en plus du classique trio rock (guitare, basse, batterie) d'une altiste et de deux cuivres. Il s'accompagne à la guitare sur de nombreux titres et finit régulièrement ses concerts en plongeant dans le public et en se laissant porter par lui à bout de bras pendant de longs moments (ce qui est communément appelé slam, pratique héritée de son ami Mathias Malzieu leader du groupe Dionysos).
Sortie du live prévue pour le lundi 2 octobre 2006
03 octobre 2006
Rouge Séchan
Hier, 2 Octobre 2006, sortait chez les disquaires le dernier album de Renaud Séchan - ROUGE SANG.
J'avais rêvé, une nuit de mémoire, il y a quelques mois déjà, que le bougre de poulbeau nous reviendrait avec un double album à la hauteur de ses talents - dont il a su faire preuve à de nombreuses reprises. Je me souviens que, dans mon rêve, je racontais que même sa voix était redevenue mélodieuse comme autrefois, lorsqu'il nous chantait Amoureux de Paname. Douce rêverie... Car si celui que l'on surnomme parfois, toujours facilement, "le milliardaire rouge", débarque sur le marché avec un double album, ce dernier né de sa discographie n'est pas du cru des anciens, il faut l'avouer.
24 titres donc, certains composé par Renaud lui même, d'autres par Alain Lanty (déjà présent sur Boucan d'Enfer), une chanson, & pas des moindres, composée par sa nouvelle tendre & blonde Romane Serda (J'ai retrouvé mon flingue (sic)) & toujours l'éternel Jean-Pierre "Titi" Buccolo, toujours présent, toujours à la réalisation, toujours pareil à lui même. Ce n'est pas pour dire du mal, mais ce n'est pas avec lui que Renaud désengluera sa poésie.
24 titres, dont le meilleur étrangement, est le seul qui n'est ni écrit ni composé par Renaud, ni par aucun des membres de son équipage (Rien A Te Mettre - écrite & composée par Benoît Dorémus) ; à noter aussi cette tentative pseudo-érotique de Je m'appelle Galilée, qui reste malgré tout une chanson pas trop mal écrite....
On est bien loin du sommet que représente - à l'égard de votre serviteur - Marchand De Cailloux, qui restera, je pense, dans son histoire, comme l'album d'une consécration poétique, d'une assise poétique, d'une place particulière qu'il s'était taillé pendant vingt ans à coup de mobylettes parmis les grands de la chanson, & de la poésie (au sens le plus pompeux du terme). Parce qu'il avait quelque chose Renaud, une saveur particulière des mots, une provocation plutôt intelligente & principalement tourné vers la dérision - c'est ce qui faisait mouche dans ses chansons : l'ironie, envers le monde & envers soi...
Aujourd'hui, que reste-t-il ? Sa provoc' manque de conviction, de sincérité, d'authenticité - quelque soit le Renaud qu'il est aujourd'hui - Il semble que le chanteur aux santiags s'entête à retrouver un style d'écriture qui n'a jamais été le sien. Son discours semble plus naïf, plus puéril ; son engagement & les intentions qu'il y dissimule - certainement louables - se perdent dans une écriture maladroite & parfois facile...
(La chute de cette "critique" est plutôt brute, voire inachmiste, mais ce n'est là que le fruit d'une première écoute & d'une première lecture des texte... complètera qui voudra...)
09 octobre 2006
Ainsi Parlait Hubert Félix Thiéfaine
En 2001 sortait l'album infernal Défloration 13 du poète, chanteur & compositeur Hubert Félix Thiéfaine - un vieux de la vieille de la chanson française. En 2001, je ne le connaissais pas encore, mais j'allais le découvrir bientôt. Il faut dire que Thiéfaine n'est pas de ces chanteurs populaires qui exhibent leur poésie sur les plateaux de la star académie ou de Michel Drucker, il se tient plutôt à l'écart des caméras, dans les fastes de sa solitude, & c'est aussi un peu pour ça que j'apprécie l'image que je me fais du personnage, au delà du poète.
Défloration 13 est donc un album infernal, aux couleurs de l'automne, au sonorités orageuses, aux vers aiguisés dans les flammes de ses abîmes. C'est une oeuvre qui peut mettre mal à l'aise, même les connaisseurs, les fans, ceux qui suivent le bonhomme depuis Tout corps vivant branché sur le secteur étant appelé à s'émouvoir son premier album - beaucoup d'entre eux s'accordent à dire que ce que faisait Thiéfaine en ces temps là était ce qu'il à put faire de mieux dans toutes sa carrière, & ne font qu'une place réduite à cet album de l'enfer. C'est vrai qu'il est à part, c'est vrai qu'il est particulier, c'est vrai qu'il est brûlant ! C'est un album qui aurait put s'appeler Also Spratch Winnie l'Ourson (4ème titre de l'album) s'il n'avait pas constitué une telle unité qu'un nom générique s'imposait : Défloration 13 - 13ème album, 13ème naissance, 13ème virginité déchirée !
Cet album se présente à moi sous la forme d'un "voyage initiatique", un véritable transfert, une transformation qui s'opère au fil des mots & des notes de musiques. On se transmute. On part de là où on est au début du CD, on termine le voyage dans je ne sais quelle onzième dimension, loin de soi, forcé à se retrouver d'une manière ou d'une autre, ou à s'oublier... On voyage, on voyage, les guitares sont saturées, les rythmes sont lourds & les clavier dansent de légèreté. Tout en nuances, il joue avec nos nerfs, avec notre imaginaire, il joue avec les mots encyclopédiques, les formules alambiquées, les métaphores technologiques, les oxymores autrements connéctés. Il y a de quoi partir loin, très loin...
29 octobre 2006
Georges Brassens
(né le 22 octobre 1921 à Sète & décédé le 29 octobre 1981 à Saint-Gély-du-Fesc)
HOMMAGE : Il y a 25 ans aujourd'hui disparaissait Brassens
25 ans ! 25 ans que la camarde est venue donner un dernier baiser à Georges Brassens. Les morts sont-ils toujours des bravec types ? Mais pourqui le troubadour sétois deumeure-t-il une référence aujourd'hui ? Pourquoi l'homme aux bacchantes et à la bouffarde est-il toujours autant aimé ? Tentative de décryptage avec un témoin privilégié, amoureux fou de Georges et de son oeuvre, Maxime Le Forestier.

Les raisons de cette canonisation
LES TEXTES
Brassens a magnifié ses maîtres et s'en est inspiré avec une totale maîtrise de la langue française. "Il est à la rencontre de la poésie et de la chanson populaire. Ses textes pourraient être étudiés dans les écoles, il n'y aurait pas de fautes de français. Ou alors elles seraient préméditées et dûment signifiées"
L'HOMME
"C'était un personnage pas comme les autres mais avec une cohérence absolue dans toute son oeuvre. Il n'y avait pas l'épaisseur d'une feuille de papier à cigarettes entre Brassens sur scène et à la ville."
L'ENGAGEMENT
Anarchiste, certes. Mais pas de ceux prêts à "mourrir pour des idées" ou alors "de mort lente". Une graine d'anar qui comme Ferré voit cet idéal d'abord comme une façon de préserver sa liberté individuelle. Anar, donc, mais de ceux qui détestent l'hypocrisie de la société et de ses représentants. Pourfendeur des institutions, de l'église, de la maréchaussée en général, Brassens savait reconnaître les mérites individuels.
LE PUBLIC
"Michel Field traduit ça par le mot secte pour qualifier les amoureux de Brassens. C'est une relation d'être humain à être humain. C'est incontrôlable, un communauté de pensée, une forme d'esprit."
DES SUCCESSEURS
Adulé en Afrique francophone, "dylanisé" en Allemagne, prisé en Angleterre, celui, qui "joue toujours le rôle de l'auvergnat" pour Ferrat, a fait objet de nombre de reprises en France, où il n'est pas prêt d'être enterré en dépit d'une émouvante supplique.
Brassens, en fait, EST la chanson française. Mais aussi et surtout un bon copain qui se refuse à nous poser des lapins. Un copain dont le trou dans l'eau jamais ne se refermera. Ah, pauvre de toi ! 25 ans après, tu nous manque encore.
Propos recceuillis & commentés par Olivier DIETLIN
"Le Dauphiné Libéré" du dimanche 29 octobre 2006
30 mars 2007
Une vie cavalière...
"Si la vie s'était comportée mieux
Elle aurait divisé en deux
Les paires de gants, les paires de claques
Elle aurait surement partagé
Les mots d'amour et les pavés
Les filles et les coups de matraque"
"Mon frère" (Maxime Le Forestier)
11 avril 2007
Vivons !
Riké est l'un des chanteur du groupe Sinsemilia dont il est auteur et compositeur. Pour son premier album solo Air Frais, c'est essentiellement en compagnie de Mike (l'autre voix du groupe) qu'il a composé en s'inscrivant dans cette vague de la nouvelle variété française, s'inspirant de G. Brassens ou de J. Brel, qu'il prend pour modèle. Ces influences se confirment dans ce second album Vivons! sorti le 29 janvier 2007, dont le premier extrait Oublie moi est diffusé sur les radios françaises.
D'accord vous allez me dire : "Ha oui cette chanson que toutes les radios nous bassinent"... & vous auriez raison. Mais comme chacun le sait, tout bon major qui se respecte se doit de trouver le tub de l'album. Pour ça, Riké les a servi... un rouleau de printemps aux petits oignons.
"On évolue ainsi entre rock, pop et folk, au gré de ballades relayées par des accélérations dansantes. Le parti pris est à chaque fois celui de la chanson, envisagée d'avantage en tant que forme qu'en tant que genre. Les mélodies ont été si peaufinées que les morceaux semblent portés par la force de l'évidence." (Source : le site officiel)
Allez je vais pas vous laisser sur votre faim tel un chacal... voici un peu de lecture
JUSTE UN PERE
Quand il pense à lui ce n'est que colère
Un enfant ne pardonne pas qu'on fasse pleurer sa mère
L'adulte qu'il est devenu n'est pas sorti d'affaire
Tant l'esprit porte encore les cicatrices d'hier
Un autre ailleurs et une autre souffrance
Quand chaque souvenir d'enfance est marqué par l'absence
Il aimerait tant savoir
Avoir quelqu'un à qui en vouloir
Il aurait dû être son héros
Le plus fort le plus gentil le plus beau
Il aurait dû être son guide
Celui qui tient la main quand on s'approche du vide
Un refuge, un exemple, un repère
Bref juste un père
Elle, elle n'a jamais su que faire
Doit-elle parler, doit-elle se taire ?
Doit-elle tenter de pardonner les offenses
Ou lui faire payer le vol de l'innocence ?
Il aurait dû être son héros
Le plus fort le plus gentil le plus beau
Il aurait dû être son guide
Celui qui tient la main quand on s'approche du vide
Un refuge, un exemple, un repère
Bref juste un père
Combien d'hommes font des enfants
Mais ne seront jamais pères ?
Donner la vie et prendre soin
Ne vont pas toujours de pair
Il aurait dû être son héros
Le plus fort le plus gentil le plus beau
Il aurait dû être son guide
Celui qui tient la main quand on s'approche du vide
Un refuge, un exemple, un repère
Bref juste un père
CORPS A CORPS (Extrait)
De petit pic en petit pic
Plein de sous-entendus
Dans notre bonheur tu glisses un hic
Qui se doit d'être entendu
J'tente un silence diplomatique
Bien que cela soit peine perdue
Quand tu choisis cette gymnastique
J'en connais déjà l'issue
Tout ça se règle au corps à corps
Que l'on conclut d'un bouche à bouche
Et l'on débouche sur un accord
Je vais encore trouver ça louche
COMPTINE DE LA PETITE MAIN (Extrait)
Tout au long de cette route qui me fit saltimbanque,
Qui peut comprendre les doutes savoir les manques,
En quête de sens de vérité, d'insouciance et de liberté,
Une existence enfin comblée, enfin comblée,
Maintenant j'attends, oh oui j'attends,
Une petite main qui dans ma main,
Donnera un sens à mes lendemains,
Une petite main qui dans ma main,
Change l'horizon en un tour de main
Une petite main qui dans ma main,
Donnera un sens à mes lendemains,
Une petite main qui dans ma main,
Change l'horizon en un tour de main
29 novembre 2008
LA GRANDE ENTOURLOUPE
« Ma
plume est un peu assassine
Pour
ces gens que je n'aime pas trop
Par
certains côtés j'imagine
Que
j' fais aussi partit du lot
Des
bobos Des bobos »
(Renaud – Les Bobos ; Rouge Sang, 2006)
Renaud. C'est toute une histoire qu'il faut raconter. L'histoire d'un mec... peut-être vachement plus malin qu'il n'y paraît
Rouge Sang : Voilà le crime, commis au cours de l'année 2006. Un homme perd le contrôle, dérape & se mange un mur — voilà ce que concluaient les enquêtes à cette époque-là, & les rumeurs sont allées bon train, comme on dit : victime de l'alcool, manipulé, récupéré... jusqu'au suicide artistique !
Rouge Sang : un album lamentable indigne de Renaud, même dans ses pires moments
GENEALOGIE D'UN DISQUE DE MUSIQUE
Au début du 21è siècle, un chanteur du précédent sombre dans un désespoir bien à lui
Pendant plus de 30ans il écrivait & chantait ce qu'il écrivait, & donnait quelques coups de pied quand il voulait donner des coups de pied. Bref, il arrive ce qui arrive & le voilà silencieux, absent ; il quitte la sphère collective sans prévenir
7 ans plus tard...
Les médias l'annoncent timidement, ne sachant pas vraiment si Renaud est une « valeur sûre ». Un nouvel album de Renaud va sortir. De qui ? Renaud, tu sais celui qui chantait Marche à l'Ombre. Ah, ouais ! Je croyais qu'il était mort... Renaud est donc annoncé en douceur. Il sort son disque : Boucan d'Enfer, & c'est un succès commercial sans précédent dans sa carrière ; le voici même récompensé d'une triple victoire de la musique. Comme il l'a dit lui-même : « J'ai niqué Johnny ! » Renaud sort de l'ombre, & qui plus est avec un Renard sur l'épaule — un Renard vivant qui va travailler avec lui en toute amitié, avec amour même, & ce sont quelques brûlots qui se forment sous ses pattes. Très vite, il a de quoi fabriquer un nouveau recueil radiophonique. Il présente son projet à sa « maison de disque » & se voit confronté au discours d'une pouffiasse qui tente de lui faire comprendre : mais, monsieur Séchan, on ne peut plus écrire ce genre de chose aujourd'hui, c'est autre chose que demande le public. & le public vous aime, monsieur Séchan, il vous l'a prouvé, les chiffres de votre précédent produit (Bout quand dent fer — je crois) confirment ! Les consommateurs vous aiment, monsieur Séchan, pourquoi refuser de lui vendre ce qu'ils demandent ? De là s'ensuit une longue libation mercatique où Renaud se fait tirer le portrait par cette « pouffiasse de la conso » qui n'a peut-être jamais écouté de musique de sa vie ; & le pauvre homme, sans doute « énervé par la colère » rentre chez lui & rumine quatre mille sept cent vingt trois attentats à la bombe contre tous les univers sales. Il rumine, il rumine... & puis soudain lui vient une idée (peut-être lui est-elle suggérée ?) : donner aux producteurs un concentré de clichés. Eux, ils assureront une promo d'enfer — puisque Renaud est désormais une « valeur sûre », ils sont prêts à le soutenir, à le propulser, à le repopulariser... Résultat : Renaud se fait un maximum de fric & se barre en Angleterre ! Il s'est fabriqué la copie conforme à l'image que les synapses de la chrématistique se sont faits du personnage, pour les emmerder du plus profond de sa plume ; il nous livre le pire du pire par pure vengeance, il pose un piège gros comme un bateau dans lequel tout le monde est tombé !
Comment Renaud est-il passé de Marchand de Cailloux à Rouge Sang : en jouant lui-même sa propre caricature ! Rouge Sang, je le redis, est le crime, je veux dire maintenant : le meurtre d'un personnage. Renaud s'est joué de nous. Il nous a trompé, illusionné,& pendant que nous regardions là où il voulait que nous regardions, lui préparait sa guerre en silence, un rude combat qui, peut-être, le verra victorieux au terme...
Il rejoint l'Angleterre. Soit pour se taire, soit pour découvrir les conditions de possibilités d'un nouveau Renaud
Thomas D. Lavorel
P.S. : cela dit : demeure toujours la possibilité que Renaud soit véritablement devenu moins de la moitié du quart de son ombre...














