Icare : fils des lumières

Variation intempestive de nos complexes sur le mythe d'Icare...

29 novembre 2008

LA GRANDE ENTOURLOUPE


« Ma plume est un peu assassine
Pour ces gens que je n'aime pas trop
Par certains côtés j'imagine
Que j' fais aussi partit du lot
Des bobos Des bobos
»

(Renaud – Les Bobos ; Rouge Sang, 2006)


Renaud. C'est toute une histoire qu'il faut raconter. L'histoire d'un mec... peut-être vachement plus malin qu'il n'y paraît

Rouge Sang : Voilà le crime, commis au cours de l'année 2006. Un homme perd le contrôle, dérape & se mange un mur voilà ce que concluaient les enquêtes à cette époque-là, & les rumeurs sont allées bon train, comme on dit : victime de l'alcool, manipulé, récupéré... jusqu'au suicide artistique !

Rouge Sang : un album lamentable indigne de Renaud, même dans ses pires moments


GENEALOGIE D'UN DISQUE DE MUSIQUE


Au début du 21è siècle, un chanteur du précédent sombre dans un désespoir bien à lui

Pendant plus de 30ans il écrivait & chantait ce qu'il écrivait, & donnait quelques coups de pied quand il voulait donner des coups de pied. Bref, il arrive ce qui arrive & le voilà silencieux, absent ; il quitte la sphère collective sans prévenir


7 ans plus tard...


Les médias l'annoncent timidement, ne sachant pas vraiment si Renaud est une « valeur sûre ». Un nouvel album de Renaud va sortir. De qui ? Renaud, tu sais celui qui chantait Marche à l'Ombre. Ah, ouais ! Je croyais qu'il était mort... Renaud est donc annoncé en douceur. Il sort son disque : Boucan d'Enfer, & c'est un succès commercial sans précédent dans sa carrière ; le voici même récompensé d'une triple victoire de la musique. Comme il l'a dit lui-même : « J'ai niqué Johnny ! » Renaud sort de l'ombre, & qui plus est avec un Renard sur l'épaule un Renard vivant qui va travailler avec lui en toute amitié, avec amour même, & ce sont quelques brûlots qui se forment sous ses pattes. Très vite, il a de quoi fabriquer un nouveau recueil radiophonique. Il présente son projet à sa « maison de disque » & se voit confronté au discours d'une pouffiasse qui tente de lui faire comprendre : mais, monsieur Séchan, on ne peut plus écrire ce genre de chose aujourd'hui, c'est autre chose que demande le public. & le public vous aime, monsieur Séchan, il vous l'a prouvé, les chiffres de votre précédent produit (Bout quand dent fer je crois) confirment ! Les consommateurs vous aiment, monsieur Séchan, pourquoi refuser de lui vendre ce qu'ils demandent ? De là s'ensuit une longue libation mercatique où Renaud se fait tirer le portrait par cette « pouffiasse de la conso » qui n'a peut-être jamais écouté de musique de sa vie ; & le pauvre homme, sans doute « énervé par la colère » rentre chez lui & rumine quatre mille sept cent vingt trois attentats à la bombe contre tous les univers sales. Il rumine, il rumine... & puis soudain lui vient une idée (peut-être lui est-elle suggérée ?) : donner aux producteurs un concentré de clichés. Eux, ils assureront une promo d'enfer puisque Renaud est désormais une « valeur sûre », ils sont prêts à le soutenir, à le propulser, à le repopulariser... Résultat : Renaud se fait un maximum de fric & se barre en Angleterre ! Il s'est fabriqué la copie conforme à l'image que les synapses de la chrématistique se sont faits du personnage, pour les emmerder du plus profond de sa plume ; il nous livre le pire du pire par pure vengeance, il pose un piège gros comme un bateau dans lequel tout le monde est tombé !

Comment Renaud est-il passé de Marchand de Cailloux à Rouge Sang : en jouant lui-même sa propre caricature ! Rouge Sang, je le redis, est le crime, je veux dire maintenant : le meurtre d'un personnage. Renaud s'est joué de nous. Il nous a trompé, illusionné,& pendant que nous regardions là où il voulait que nous regardions, lui préparait sa guerre en silence, un rude combat qui, peut-être, le verra victorieux au terme...

Il rejoint l'Angleterre. Soit pour se taire, soit pour découvrir les conditions de possibilités d'un nouveau Renaud

Thomas D. Lavorel


P.S. : cela dit : demeure toujours la possibilité que Renaud soit véritablement devenu moins de la moitié du quart de son ombre...

Posté par Dionysos III à 15:08 - Chanson - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Poster un commentaire







Rétroliens

URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=181252&pid=11560005

Liens vers des weblogs qui référencent ce message :