29 février 2008
Vogue la vague....
A
pas de loup — comme une espionne
Je
suis la nuit fauve
Qui
t’ouvre ses bras
&
t’invite à valser
Infatigable
voyageur
Au
plus profond de la vague
Où
tout se reforme
Laisse-toi
bercer
25 février 2008
La psychanalyse au soupçon
A partir de quand
trouvons nous notre place dans ce monde ? A partir de quoi trouvons-nous un
sens au formidable & terrible bouillonnement interne qui dilapide les
entrailles ? Funeste gaspillage de force que notre « évolution ». On
nous parle de quête d'identité — on doit savoir qui on est ; mais c'est
un égarement de plus : on ne trouve jamais que masques, permis de construire
& passeports — il n'y a jamais rien qui vaille. 2500 ans de Socrate
platonisé, d'Aristote, de Descartes, de Kant & de Christianisme pour en
arriver à l'Homomacdonaldus — n'y a-t-il pas là symptôme d'un glissement dans
l'équation ? La vérité c'est que « la construction de soi » n'est
jamais qu'une mise en scène de plus, même lorsqu'elle est inconsciente.
Certains d'entre nous se savent profondément comédiens & veulent leur mise
en scène parce qu'ils la prenne pour ce qu'elle est : un jeu. Ils jouent avec
le corps & son identité polymorphe. Plus cruellement encore : ils jouent
avec le monde alentour, le grugent & le mystifient. Comédiens par nature,
ils sont le combustible d'un théâtre qui fleurit de partout comme un
« orage de possibles », tentative multiple. Je ne peux pas comprendre
ce que Nietzsche reprochait au théâtre. Sans doute ne connaissait-il pas celui
que j'expérimente, d'un côté comme de l'autre de la scène — il ne pouvait pas
le connaître. Notre théâtre n'est pas le sien... ce monde non plus. J'oserais
parler du pouvoir de la scène. A une époque où tout réclame de
l'apparence, les comédiens sont sans doute les plus véridiques d'entre tous :
ils savent que l'identité n'est qu'un jeu & deviennent experts en
contradiction. Le comédien n'apprend pas qui il est : il est tout le monde, il
joue avec tous les rôles ; il sait que l'identité n'est qu'une question de
regard — masques & fracs, parfois déguisements, mensonges &
distorsions... La quête de l'identité est une névrose de psychanalystes. Ce
n'est pas qui nous sommes que nous cherchons, mais ce que nous
sommes, dans notre sang, au plus profondément ancré.
12 février 2008
Un peu de sport
Les saisons désertent leur nom & nous laissent l'hébétude. Déjà le ramage des anciens fleurit dans notre bouche : « Vain Dieu, avant on avait plus de neige ! » L'hiver se déguise en printemps, & nous dévalons les pentes feignant d'oublier presque complètement notre déception. On s'habitue à tout, on se résigne, faute de mieux...
Thomas D. Lavorel
03 février 2008
Trève de brottoir
Si la mémoire me trahit
à Jean-François PEREZ
Ce qu'il y a d'inscrit sur son visage : la vie & ses précipices, quelques rigoles pour des larmes à la source tarie. Il a des cernes gravées en cicatrices là où cesse l'hémorragie de sa douleur, l'inextinguible présence du passé. Mais il chante encore lorsque les guitares vagabondent nos corps. & si vous entendiez son rire, le rire d'or de ceux qui n'ont plus rien à pâtir, vous sauriez entendre aussi l'amour ruisseler de ces murs, & rompre à tout coeur votre silence pour dire MERCI ! A qui ? A quoi ? Les modalités n'ont aucune importance.
Thomas D. Lavorel






