06 mars 2007

Le cinéma aura-t-il carte blanche ?

UGC

PARIS (AFP) - L'exploitant de salles de cinéma UGC, qui avait soulevé un tollé en janvier en affirmant sa volonté de moins rémunérer auteurs, distributeurs et producteurs sur les places vendues via sa carte d'abonnement UGC Illimité, annonce lundi avoir décidé "un statu quo de deux ans".

Dans un communiqué, UGC "propose un statu quo de deux ans sur les cartes illimitées" afin, dit-il, de "créer un climat propice à la réduction des distorsions de concurrence dans la diffusion des films en salles de cinéma". Début janvier, UGC avait semé l'inquiétude en proposant de baisser à 4,26 euros contre 5,03 euros jusqu'ici, le "prix de référence" des entrées réalisées par les cartes UGC Illimité, qui pour 15 euros mensuels environ, donnent accès à toutes les séances des 480 salles de son réseau, ainsi qu'aux salles indépendantes partenaires. Ce "prix de référence" correspond au montant forfaitaire reversé par les exploitants aux distributeurs, producteurs et auteurs sur chaque entrée en salle d'un spectateur muni d'une de ces cartes d'abonnement.

Tandis que l'ARP (auteurs réalisateurs producteurs) et la SACD (Société des auteurs compositeurs dramatiques) brocardaient une "décision unilatérale", la Fédération Nationale des Distributeurs de Films (FNDF) a réclamé aux pouvoirs publics une "réflexion sur l’état général de la distribution de films". UGC se range à cette dernière position, en proposant, par un statu quo de deux ans, de "laisser le temps à l'ensemble des acteurs de se concerter pour définir de nouvelles pratiques". Celles-ci doivent notamment permettre de "hiérarchiser la diffusion des films en salles en fonction de la durée d'exposition et du niveau de rémunération", estime UGC.

L'exploitant dénonce en effet des "distorsions de concurrence entre les différentes salles de cinéma, dont certaines diffusent sans contrainte de prix et d'horaires les mêmes oeuvres dans des conditions de durée et de rémunération incomparables". De son côté le ministre de la culture Renaud Donnedieu de Vabres se dit "satisfait" de cette "nouvelle proposition" d'UGC, dans un communiqué, ajoutant souhaiter lui aussi qu'une "concertation" s'engage "au plus vite entre les parties concernées sur l’ensemble des pratiques du marché de la diffusion des films en salle".

Satisfaites d'avoir été "entendues", ARP et SACD demandent lundi soir "une réglementation renforcée et plus stricte" des cartes d’accès illimité afin d'"éviter à l’avenir qu’un acteur dominant de l’exploitation puisse imposer sa loi et ses conditions dans un contexte économique souvent fragile".

Le 18 mars, le Centre national de la cinématographie (CNC) doit renouveler son agrément aux cartes d'abonnement illimité - outre UGC Illimité, "Le Pass" fédère les salles Pathé, Gaumont et MK2 - qui représentent environ 6% de la fréquentation annuelle.

Posté par 7Lumieres à 11:13 - - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur Le cinéma aura-t-il carte blanche ?

    Encore et encore

    Les exploitants veulent toujours plus de clients et les producteurs toujours plus d'argent. Sans oublier les taxes du CNC qui augmentent d'années en années. Où est le respect du public dans tout ça ! Merci UGC

    Posté par vito corleone, 06 avril 2007 à 12:49 | | Répondre
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