20 janvier 2007
Musées français à l'étranger, la suite
PARIS (AFP) - Création d'une agence spécialisée, projet de charte déontologique, missions d'études: le ministre de la Culture, en s'appuyant sur le projet d'un Louvre à Abou Dhabi, vient d'accélérer le mouvement pour faire "rayonner" à l'étranger l'expertise française dans le domaine des musées.
Le ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres a réuni mardi quelque 70 responsables de musées. Objectif : "dissiper l'inquiétude", selon le discours du ministre publié sur le site internet du ministère, sur le projet très contesté d'Abou Dhabi, et annoncer une série de mesures mettant en place une stratégie internationale d'exportation du "savoir-faire" français.
Abou Dhabi demande à la France de concevoir un musée et "de l'assister pendant 20 ans" dans sa direction et sa conservation, a-t-il dit aux directeurs, affirmant qu'il ne fallait pas "refuser cette chance".
Le ministre, arguant d'une négociation en cours pour éviter de donner des détails, a souhaité néanmoins "écarter certains faux-procès" qu'il estime avoir été lancés lors d'une polémique qui ne désarme pas depuis plusieurs semaines.
Dans une pétition, près de 3.400 conservateurs, archéologues, historiens de l'art, ou simples particuliers demandent le "maintien de l’intégrité des collections des musées français" et s'inquiètent des risques de dérives mercantiles.
Les musées français "ne seront pas forcés de prêter les oeuvres", les prêts dureront "au maximum deux ans" et "il n'y a pas d'interdits quant au choix des oeuvres", a affirmé Donnedieu de Vabres. Et d'ajouter que l'argent ira aux musées prêteurs, pour des investissements et des acquisitions et, à Paris, peut-être un "centre commun des réserves" susceptibles d'être touchées par une crue de la Seine.
Pour mettre en place le projet Abou Dhabi - dont l'accord sera signé "bientôt", selon le ministère - va être créée une "Agence internationale des Musées de France" dont une première réunion de constitution aura lieu dans quinze jours, a annoncé le ministre.
Cette sorte de société conseil, composée de conservateurs des grands établissements publics (Louvre, Centre Pompidou, musée du quai Branly, musée d'Orsay, musée Guimet, Versailles et la Réunion des Musées Nationaux), est chargée du projet Abou Dhabi et par delà, de l'action internationale des musées français.
Pour en cerner les besoins, le ministre a demandé aux directeurs de musées de lui rendre, dans les quinze jours, une synthèse de leurs activités internationales. Il a chargé la Direction des Musées de France (DMF) d'étudier "qui fait quoi" à l'étranger, chez ceux qui veulent du conseil comme ceux qui cherchent à en donner.
La DMF devra lui soumettre un projet de "Charte déontologique de l'action internationale" qui fait l'objet d'études depuis plusieurs mois.
"Nous ne sommes pas dans une logique d'activité commerciale et de recherche de profit pour le profit", précise-t-on au ministère. Il s'agit de mettre sur pied "un instrument au service de la promotion du savoir-faire" français, ajoute-t-on, vers qui pourront se tourner les musées étrangers demandant une expertise comme les musées français souhaitant travailler à l'international.
Cette "agence" s'occupera d'abord du projet de musée à Abou Dhabi, qui doit ouvrir en 2012, avec pour tâche : déterminer un projet scientifique, fournir des oeuvres - autour d'un millier - pour mettre en route les espaces d'expositions permanentes et organiser quatre expositions temporaires par an.
Oui ! Oui votre humble narrateur aime bien les suites...
Pourquoi ? En admettant que les buts soient de faire "rayonner" à l'étranger l'expertise française dans le domaine des musées & de mettre sur pied "un instrument au service de la promotion du savoir-faire" français, pourquoi prêter nos oeuvres ? Quel est le rapport ?
S'il ne s'agit nullement "d'une logique d'activité commerciale et de recherche de profit pour le profit", pourquoi aider les musées français souhaitant travailler à l'international.
Ces mesures siffleraient-elles l'air de la délocalisation ?







