16 janvier 2007
"Geste d'esprit"
PARIS (AFP) - Le nouveau Théâtre de la Cité Chaptal à Paris accueillera mardi ses premiers spectateurs sous la direction de la comédienne Emmanuelle Laborit, qui compte avec son association IVT (International Visual Theater) y travailler dans un esprit de "mixité entre sourds et entendants".
Le lieu sera inauguré mercredi soir par le
ministre de la Culture, Renaud Donnedieu de Vabres, et le maire de
Paris, Bertrand Delanoë, à la Cité Chaptal (IXe arrondissement), déjà
riche d'une longue histoire théâtrale. Cette ancienne chapelle, devenue salle de
spectacles en 1895 sous le nom de Théâtre-Salon, a connu ses heures de
gloire de 1897 à 1962 comme Théâtre du Grand-Guignol, jouant sur le
rire et l'épouvante.
Devenu Théâtre 347 avant d'accueillir les
élèves de l'Ecole de la rue Blanche (Ensatt) et un squatt d'artistes,
le bâtiment a été racheté par le ministère de l'Education nationale,
puis par la mairie en 2004.
La municipalité a décidé d'y installer IVT, sans lieu fixe depuis son départ du Château de Vincennes.
Après une réhabilitation qui aura coûté
près de trois millions d'euros financés à 85% par l'Etat, la ville et
la région, l'association, née il y a 30 ans, dispose ici de locaux pour
ses activités de formation théâtrale, de recherche sur la LSF (Langue des Signes Française) et son
enseignement (800 adultes, sourds et entendants, par an) et d'une salle
de 185 places pour sa programmation de spectacle vivant.
"Nous voulons en faire un centre ouvert à
tous les publics en travaillant dans la mixité entre sourds et
entendants", explique la directrice d'IVT, Emmanuelle Laborit, qui a
accédé à la notoriété en obtenant le Molière de la révélation théâtrale
en 1993 pour son rôle dans "Les enfants du silence".
La LSF fera
l'objet d'une attention particulière. "Il faut la mettre en avant,
qu'elle ne soit pas dans la clandestinité. Ce n'est pas un code, mais
une langue", souligne la comédienne sourde de 35 ans. "Le théâtre est
un espace qui correspond tout à fait à cette langue, et cette langue
correspond à cet espace, visuellement, corporellement", ajoute-t-elle.
"Nous ne travaillons pas dans le handicap,
mais dans la culture", prévient Emmanuelle Laborit, qui veut faire
d'IVT le "lieu permanent de création et de recherche théâtrale" et - à
terme - chorégraphique et cinématographique des sourds, "un
laboratoire" ouvert "sur tous les genres possibles".
Avec huit spectacles à l'affiche dont
trois créations, la première saison d'IVT dans ses nouveaux murs met de
fait l'accent sur la variété des propositions.
En ouverture (16 janvier-3 février), Marie
Montegani mettra en scène en LSF et en langue française "K. Lear"
d'après la tragédie de Shakespeare, avec Emmanuelle Laborit dans le
rôle de Cordélia. Puis Philippe Carbonneaux, "artiste associé" à IVT,
règlera avec Serge Hureau "Inouï music-hall" (13 mars-7 avril), avant
la présentation d'un spectacle de marionnettes sur "Les Fables de la
Fontaine" (20 avril-5 mai).
IVT reprendra aussi "Le Verre d'eau" de
Francis Ponge (6 février-3 mars), "Le grand cahier" d'Agota Krystof
(12-23 juin) et accueillera "Actes avec ou sans paroles" de Beckett
ainsi que "Le Réveil" de Dario Fo et Franca Rame (15 mai-2 juin).
La saison inaugurale s'achèvera avec
"Thank's France" (26-30 juin), one man show de l'Américain Alfredo
Corrado, le fondateur d'IVT, dont il a fait l'un des principaux centres
de création pour sourds en Europe
(avec le Teater Manu d'Oslo, le Handtheater d'Amsterdam, le Tyst
Theater de Stockholm...), aujourd'hui doté d'un budget de 1,77 million
d'euros.
FIPA 2007
20ème FIPA du 23 au 28 janvier à Biarritz, avec une centaine de films
PARIS (AFP) - Le Festival international de programmes audiovisuels (FIPA), du 23 au 28 janvier 2007 à Biarritz (Pyrénées-Atlantiques), fête cette année ses 20 ans en présentant une centaine de films du monde entier.
Pour cette 20è édition, le FIPA a retenu 107 films,
au sein de six catégories : fictions ; séries et feuilletons ;
documentaires de création et essais ; grands reportages et faits de
société ; musique et spectacle ; programmes courts.
Pierre-Henri Deleau, délégué général du
FIPA, et la réalisatrice Caroline Huppert, nouvelle présidente du
festival, ont à nouveau regretté la frilosité des chaînes télévisées
françaises, qui rechignent à diffuser des programmes provenant
d'ailleurs que la France, la Grande-Bretagne ou les Etats-Unis.
"Les chaînes diffusent de moins en moins de films
hors quota français" et "cela exprime un repli inquiétant", a déclaré
Mme Huppert lors de la conférence de presse de présentation lundi.
"Plus la mondialisation avance, plus les cultures se replient".
Dans la section fictions seront présentés
côté français le très attendu "En marge des jours" d'Emmanuel Finkiel,
réalisateur du remarqué "Voyages" en 1999 (César de la meilleure
première oeuvre), "Monsieur Max" de Gabriel Aghion, film sur le poète
Max Jacob, et "René Bousquet ou le grand arrangement" de Laurent
Heynemann, avec Daniel Prévost dans le rôle de René Bousquet.
Pierre-Henri Deleau a noté "une arrivée
massive de programmes provenant du bassin méditerranéen" parmi les
candidats à la sélection "ainsi que de Russie".
"Nous avons eu également beaucoup de candidatures du Japon, de la Chine et de l'Australie, ce qui montre que le FIPA voit son assise internationale grandir", s'est-il félicité.
Le festival s'ouvrira par la projection
d'un film de fiction britannique, "Mort d'un président", de Gabriel
Range, qui passera le soir même sur Canal+.
Pour fêter les 20 ans, des critiques francophones présenteront chaque jour leur film coup-de-coeur.
Le jury comprend 30 personnalités issues de 17 pays.
Plusieurs débats seront organisés, avec
pour thèmes les élections et la télévision ou les frontières ambiguës
entre le documentaire et la fiction.
Le comédien Bernard Giraudeau recevra le Fipa d'honneur 2007.








