Icare : fils des lumières

Variation intempestive de nos complexes sur le mythe d'Icare...

14 octobre 2006

L'art de l'Histoire

Exposition_hongroise

VIENNE (AFP) - "Budapest 1956: la Révolution hongroise" est le thème d'une exposition retraçant, à Vienne, en quelque 200 clichés du célèbre photographe autrichien Erich Lessing, cette courte euphorie étouffée par la répression soviétique il y a 50 ans.

Ouverte jeudi au Leopold Museum, ce retour sur l'insurrection qui a éclaté le 23 octobre 1956 est basé sur les photos de presse en noir et blanc, et numérisés à partir des négatifs d'origine, d'Erich Lessing. Ce grand nom du photo-journalisme travaillait pour l'agence internationale Magnum, des magazines comme Life et Paris Match.

En 1956 je sentais qu'il allait se passer quelque chose à l'Est (après la création du pacte de Varsovie en mai 1955 et la destitution du réformateur Imre Nagy à Budapest) et j'ai alors proposé des reportages à Life sur la RDA, la Tchécoslovaquie, la Pologne et la Hongrie."

Entre 1954 et 1955, il parcourt caméra au poing ces quatre pays et se constitue un réseau de contacts. Cela lui permettra le 23 octobre 1956 d'obtenir un laisser passer à la frontière austro-hongroise fermée par les Soviétiques.

Il assure alors plus de 15 jours de reportage au coeur même du soulèvement "marqué par une désorganisation totale" et par le contraste entre l'agitation de la capitale et le calme "relatif" dans la campagne.

Dans la salle du conseil communal de Györ, à l'ouest de Budapest il fixe sur sa pellicule trois "révolutionnaires" sur une échelle qui décrochent prudemment un portrait de Lénine sous un plafonnier baroque.

Prochaine image: les ouvrages d'une librairie soviétique du centre de Budapest se consument dans un autodafé. Sur la suivante, seules les bottes géantes en bronze de la statue de Staline démantelée restent sur le socle après l'assaut des manifestants qui, plus loin, s'acharnent sur la carcasse de ce symbole de leur oppression.

La séquence se poursuit avec une foule agitant des drapeaux nationaux troués au milieu: ils en avaient découpé le sigle du marteau et de la faucille imposé par Moscou. Ces drapeaux troués sont redevenus un symbole dans la Hongrie démocratique d'après 1989.

Mais Erich Lessing a aussi voulu montrer les "côtés moins beaux" de la révolution : des corps de collaborateurs du régime prosoviétique et de membres de leurs familles exécutés par les révolutionnaires sont alignés devant le quartier général des travailleurs. Un homme lynché est accroché par les pieds à un arbre.

Posté par 7Lumieres à 16:44 - Actualité - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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