09 octobre 2006
Toute ressemblance serait fortuite...
LES VINGTS COEURS
Laissez-moi vous conter ce sanglant épisode
Que l’humanité a dénié appeler fratricide
Avec laquelle vérité notre histoire coïncide
Funeste destin pour deux cultures aux antipodes
Chacune affectée de ses fables d’émeraude
Et formatée dans leur esprit trop candide
Laissez-moi vous conter ce sanglant épisode
Que l’humanité a dénié appeler fratricide
Les fusils de guerre grondent à l’assaut de la fraude
Ses rangs serrés de fines lames intrépides
Massacrent l’infidèle en suivant la méthode
Qui du bourreau ou de la victime est le plus lucide ?
Laissez-moi vous conter ce sanglant épisode
Thomas D. Lavorel, penseur de maux
Matthieu I. Nachvé, panseur de mots
Ainsi Parlait Hubert Félix Thiéfaine
En 2001 sortait l'album infernal Défloration 13 du poète, chanteur & compositeur Hubert Félix Thiéfaine - un vieux de la vieille de la chanson française. En 2001, je ne le connaissais pas encore, mais j'allais le découvrir bientôt. Il faut dire que Thiéfaine n'est pas de ces chanteurs populaires qui exhibent leur poésie sur les plateaux de la star académie ou de Michel Drucker, il se tient plutôt à l'écart des caméras, dans les fastes de sa solitude, & c'est aussi un peu pour ça que j'apprécie l'image que je me fais du personnage, au delà du poète.
Défloration 13 est donc un album infernal, aux couleurs de l'automne, au sonorités orageuses, aux vers aiguisés dans les flammes de ses abîmes. C'est une oeuvre qui peut mettre mal à l'aise, même les connaisseurs, les fans, ceux qui suivent le bonhomme depuis Tout corps vivant branché sur le secteur étant appelé à s'émouvoir son premier album - beaucoup d'entre eux s'accordent à dire que ce que faisait Thiéfaine en ces temps là était ce qu'il à put faire de mieux dans toutes sa carrière, & ne font qu'une place réduite à cet album de l'enfer. C'est vrai qu'il est à part, c'est vrai qu'il est particulier, c'est vrai qu'il est brûlant ! C'est un album qui aurait put s'appeler Also Spratch Winnie l'Ourson (4ème titre de l'album) s'il n'avait pas constitué une telle unité qu'un nom générique s'imposait : Défloration 13 - 13ème album, 13ème naissance, 13ème virginité déchirée !
Cet album se présente à moi sous la forme d'un "voyage initiatique", un véritable transfert, une transformation qui s'opère au fil des mots & des notes de musiques. On se transmute. On part de là où on est au début du CD, on termine le voyage dans je ne sais quelle onzième dimension, loin de soi, forcé à se retrouver d'une manière ou d'une autre, ou à s'oublier... On voyage, on voyage, les guitares sont saturées, les rythmes sont lourds & les clavier dansent de légèreté. Tout en nuances, il joue avec nos nerfs, avec notre imaginaire, il joue avec les mots encyclopédiques, les formules alambiquées, les métaphores technologiques, les oxymores autrements connéctés. Il y a de quoi partir loin, très loin...
Boycott radical
NOUMEA (AFP) - Francis Cabrel a annulé deux concerts prévus en Nouvelle-Calédonie fin octobre, après des menaces sur son site internet, où lui est reprochée une interview sur le contexte politique dans l'archipel, datant d'une vingtaine d'années, a rapporté lundi la presse.
"Je regrette très sincèrement mes propos.
Tout cela est bien vieux (...) et vingt ans plus tard, l'harmonie règne
entre les communautés. Tant mieux", écrit le chanteur dans un
communiqué.
Il relève cependant qu'il "semble que rien
ne puisse apaiser la rancoeur de certains". "Les graves menaces qui
accompagnent certains de leurs propos m'amènent à penser qu'il est sans
doute plus sage d'attendre encore avant de revenir chanter", conclut
Francis Cabrel.
Sa décision fait suite à une polémique
initiée sur place et de façon anonyme sur l'internet pour fustiger le
chanteur, lui reprochant une interview accordée il y a une vingtaine
d'années au magazine "Paroles et musiques".
Francis Cabrel a également reçu des menaces physiques sur son site internet, a indiqué à l'AFP l'organisateur local du concert.
Interrogé sur la situation politique en Nouvelle-Calédonie,
secouée à l'époque par des évènements meurtriers entre partisans et
opposants à l'indépendance, Francis Cabrel avait notamment répondu :
"Les Français n'ont rien à faire là-bas. Ils ont saigné le pays. Les
Kanaks n'ont pas un rond et même pas l'instruction pour combattre".








